jeudi 4 octobre 2018

extraits de mon journal relatif à l’histoire locale 1939 1945 ) Ecrit pour journal « ouest France






Voilà 65 années ….. ( extraits de mon journal relatif à l’histoire locale 1939 1945 ) écrit pour journal «  ouest France « 
Une certaine euphorie se manifesta dés les premiers succés alliés qui se dessinerent en Afrique du nord et en Italie La Corse premier département français si proche de nous venait d’être libérée .L’espoir commençait à renaitre et chaque français vivant cette période d’occupation tentait d’oublier l’échec de la tentative de débarquement de Dieppe en Aout 1942 où périrent plus de six mille soldats canadiens et anglais . Terrain d’expérience qui laissa un gout amer et laissa planer une atmosphere de doute et de suspicion quand aux capacités des alliés à vouloir libérer notre territoire
Mais l’exaspération et la rancune des hommes plaçées sous le joug germanique à l’intérieur des terres se faisaient de moins en moins silencieuses et les réseaux de résistance se manifestaient chaque jour dans nos villes et nos c ampagnes

Retraçons cette période troublée qui préçéda le débarquement

En ce mois de Mai 1944 On ne peut douter qu’un grand evenement se prepare .Les messages de la BBC malgré le brouillage allemand proliferent sur les ondes et chaque français attend le cœur rempli d’espoir une délivrance hypothetique après 4 années d’occupation germanique


En effet depuis plusieurs semaines l’aviation alliée disloque les voies ferroviaires et routieres, ecrase les gares d’Argentan l’Aigle Mortagne , Surdon détruit et pilonne les ponts et les concentrations de matériel de transport
Chaque soir une armada de bombardiers nous survole haut dans le ciel et se dirige vers le Sud , inquietant grondement qui prend naissance dés la nuit tombante dans une nuit sombre ou étoilée Nous supposons que les points de concentration des usines du centre de la France et du nord de l’Italie representent leur principal objectif Il est vrai que notre departement se trouve sur l’axe nord sud conduisant à des centres industriel importants
Dés le lever du jour aprés le passage de cette nuée de bombardiers poursuivis par les projecteurs et les radar allemands nous retrouverons dans les champs et les jardins et même sur les toits des maisons les mystérieux rubans argentés qui inquiétent tant les habitants Ignorant la signification de ces objets tombés du ciel le maire se voit dans l’obligation de placarder une note municipale imposant aux habitants de ne pas toucher ces objets inconnus jonchant le sol

Ceux ci s’avereront d’ailleurs totalement inoffensifs puisqui’il s’agit du système de protection composé de bandes métalliques anti radar ,utilisé par les alliés pour tromper la vigilance des batteries de DCA allemandes Ces nuages opaques appelés «  windows «  par les alliés interceptaient les rayons émis du sol par les radar allemands et apportaient des informations erronées quand à la direction , au nombre et la vitesse prises par les escadres de bombardiers vers leur objectif

Les pertes furent nombreuses en cours de route …aussi bien en direction de l’objectif mais aussi sur le chemin du retour
Temoignage de hugh Verity célébre pilote de la RAF spécialisé dans les missions secretes de nuit sur son lysander et avec lequel j’ai correspondu pendant quelques années
lysander
« Dans la nuit du 16 au 17 aout 1943 à 22 heures 25 prés d’Alençon je connus une expérience navrante A une distance d’environ un kilométre , dans la nuit noire je vis un appareil s’abattre en flammes Ce devait être le travail d’un chasseur de nuit que je n’avais pas vu .j’espérais à la lueur des flammes apercevoir des parachutes mais je n’en vis aucun »
lancaster
En fait cet avion en flammes revenant d’un raid sur Turin largua par sécurité ses bombes aux environs de Boitron avant de s’abattre au Chenay Les membres de l’équipage sont tous inhumés au cimetiére du Mans

La crainte des patrouilles ….

Alors que le silence s’installe sur notre petite ville le pas d une patrouille résonne sur les pavés de notre grande place Crâne rasé ,impassibles sous leur calot ce sont les mongols ,ceux que tout le monde craint ;;;; les ostruppen ou troupes de l’est ralliés aux allemands ( armée Vlassof ) Commandés et dirigés par un feldwebel perpétuellement aux aguets ils surveillent le camouflage des fenêtres et des embrasures de portes et veillent à l’observation rigoureuse du couvre feu
Ils imposent la crainte …. et pourtant voilà un mois de ma fenêtre place du parquet j’avais pu observer un garcon de manége d’auto scooter leur tenir tête . Une violente echauffourée opposa sur la place du Parquet ces guerriers excités refusant de payer, a un jeune et vaillant forain .Ce dernier refusa de céder à la force en prenant faits et cause pour les jeunes français et espagnols occupant les voitures
La feldgendarmerie toujours aux aguets confrontés à ces soldats d une autre culture accourut sur les lieux et en force embarqua tous les belligerants Le lendemain après une nuit passée dans une géole improvisée du palais episcopal en partie occupé par la wehrmacht notre garçon de manége réapparut couvert de pansements , le bras en écharpe mais fier de son exploit
Comme tous les sagiens des la tombée de la nuit nous nous empressons d’ajuster les rideaux noirs de notre vitrine qui sert quelquefois de cible à de nombreuses bouteilles vidées de leur contenu Aucun sagien ne prend le risque de braver le couvre feu
Au collége …sécurité oblige l’un de nous est préposé à l’installation des rideaux noirs La patrouille jugeant le camouflage insuffisant surgit dan s notre cour et nous oblige à calfeutrer portes et fenêtres dans un lieu où Jean Mazeline exerca une année auparavant ses fonctions d’instituteur d’ Octobre 42 à Juin 43 avant d’ apporter son aide aux parachutages du le maquis de Mortagne

Que se passe t il dans nos villes et nos campagnes ?

A cette date l’avion et les techniques radio récentes ont déjà révolutionné les moyens d’action des belligérants de la seconde guerre mondiale ,imposant des changements essentiels à la nature ,au déroulement et aux formes de la lutte
clandestine
.On peut dire que la BBC (radio de Londres à destination des nations occupées)que chacun écoutait discrétement régle l’ existence de la plupart des français tout au moins pour ceux qui accordent la plus grande confiance aux alliés en écoutant les nouvelles transmises par Robert Schuman , Jean Marin , Pierre Jourdan .Pierre Dac
Pour ce qui est de la lutte clandestine organisée par les réseaux de résistance une évidence s’impose , les conquêtes techniques constituent des atouts aux effets incalculables .

Que pouvait faire la résistance si les combattants de l’ombre même pourvus d’un courage exceptionnel n’avaient eu pour eux la voie des airs ,sans la possibilité offerte de la sorte à la France libre et aux alliés de pénétrer au coeur d’un territoire occupé par l’ennemi , en rivalisant avec les dangers de la mer , les défenses des frontiéres et des fortifications ,
Comment les groupes de résistants pouvaient ils communiquer avec nos futurs liberateurs ,?
Recevoir du ciel par une nuit de pleine lune ,quel que soit le temps ,des armes ,des munitions des medicaments … tel ést l’enjeu de cette lutte qui oppose sur terre et dans les airs la Luftwaffe ,la flak allemande ,la wehrmacht , les bombardiers anglais ,et les résistants combattants de l’ombre disséminés dans les maquis

Les messages de la BBC

Sans la télégraphie sans fil ,sans les émissions des radios clandestins éparpillés à travers la France ,sans les écoutes de Londres ,sans les messages personnels de la BBC ,comment auraient pu s’effectuer les liaisons , se transmettre les instructions , s’échanger les renseignements ?

. Chaque soir les messages les plus sybillins abondent sur la BBC que beaucoup de français écoutent discrétement avec la crainte permanente d’être surpris

Un message secret de la radio de Londres annonçe le lieu d’un parachutage et la date du rendez vous adressés à differentes équipes sur le qui vive mais conscients du danger

L’heure du rendez vous 

Pour etre présent au rendez vous et echapper aux tirs de la DCA et aux chasseurs de nuit de la Luftwaffe , l’avion anglais doit naviguer feux éteints dans la pénombre ,reperant les points stratégiques ,lacs ,ponts , lignes de chemin de fer, cours d’eau , villes calfeutrées ..enfin toutes sortes de signes distinctifs avant de trouver enfin un terrain identifié par la présence au sol de lampes torches formant une lettre de reconnaissance Il s’agit de larguer à cet endroit précis les containers de munitions et de médicaments attendus par les résistants
Au cœur de ces paysages grandioses et inconnus , obscurcis par la nuit il faut à tout prix trouver le terrain défini par differents codes et le contenu d’un message secret

Ignorant cette guerre de l’ombre pendant cette période d’occupation ,un soir de clair de lune je vis un lourd bombardier passant à basse altitude tous feux éteints au dessus de la ville …surprise totale ! quel était donc cet avion bruyant bravant la chasse de nuit allemande  
J’ ai compris tardivement , quelques mois après la liberation la signification de ces vols de nuit mystérieux .Le parachutage d’armes et de munitions indispensables à la resistance ornaise …. Telle était la mission de ces bombardiers en plein territoire occupé … au nez et a la barbe des DCA germaniques et bien sûr des chasseurs de nuit de la Luftwaffe toujours aux aguets ..

Avions ravitailleur de maquis abattus en cours de mission dans notre département


Avant et après le débarquement du 6 Juin 1944

En général ces avions britanniques étaient lourdement chargés et le fait de voler à basse altitude représentait un handicap certain .

Le 12 Août 1943 un Halifax du 138 eme squadron basé à Tempsford et en mission SOE ,touché par la flak volant à une altitude de 500 métres s'abattait vers 23.30 heures dans un herbage en bordure Est du bois du Frileux ,commune d'Ecorcei (Orne)
L'avion ravitailleur de maquis préparait un lancer de parachutes pour le réseau clandestin Spruce 20 /21
Deux aviateurs Foster et Cameron furent tués et inhumés au cimetiére d'Ecorcei ,
Trois aviateurs griévement brûlés se rendront aux allemands aprés s'être réfugiés au chateau des Graviers Deux autres Scott et Trusty réussissent à s'échapper vers le village des Genettes puis vers Moulin la Marche

Concernant un Halifax de la RAF et du même squadron chargé également d'une mission de parachutages un témoin se souvient le 17 Août 1943 avoir vu un avion pris dans les projecteurs de la DCA .de la flak d'Aube Saint Esprit " Celui çi volait si bas que l'on apercevait les hommes à bord . L'avion toucha la ligne à haute tension , explosa puis s'écrasa sur la commune d'Aube prés du lieu dit " Les vallées ".Des explosions s'en suivirent pendant plusieurs heures . L'appareil transportait des munitions et des pigeons voyageurs destinés au maquis dans le cadre d'une opération du réseau
Le pilote Norman Hayter de nationalité australienne et quatre aviateurs anglais furent tués sur le coup Les deux survivants les sgt WS Davies et JA Hutchinson décéderent de leurs brûlures et seront inhumés au cimetiére de Bernay
En 1944 plusieurs bombes tombérent à l'endroit du crash .Elles visaient certainement la batterie allemande située à proximité  

Les américains sont venus à la rescousse …Le 5 Avril 1944 un Liberator du 801 BG et du 406 BS touché par la DCA de Berniéres le Patry ( Calvados s'abattait au lieu dit "Les Haieries " ou Anfernel ( 3 kilométres au nord ouest de Tinchebray ) Ce bombardier de l'USAF en mission SOE avait décollé de Harrington à 22 heures pour ravitaillet le maquis de Sainte Marguerite ? Six membres d'équipage seront tués lors du crash et inhumés à Truttemer le grand
Le lieutenant Kalbfleisch rescapé témoigne " Nous volions à 300 métres d'altitude a la recherche des feux posés par le réseau de resistance lorsqu' un obus a touché le compartiment du navigateur A150 métres nous avons sauté et l'appareil s'est écrasé aussitôt aprés . Les allemands nous ont tiré dessus pendant que nous descendions . Je n'ai pas eu le temps de cacher mon parachute et je l'ai jeté dans une riviére proche .
Le sergent Porter autre rescapé est tombé à proximité des batteries de DCA allemandes" J'ai passé une haie , je l'ai suivie en courant en passant prés de plusieurs piéces de DCA à ma gauche , et à ma droite ...évitant ainsi de justesse ceux en fait qui nous avaient abattus "

Le 11 Avril 1944 vers 23 heures 15 un Halifax en mission de ravitaillement des maquis de la région touché par la DCA , passait en flammes au dessus du bourg de la petite Savetiére ( Commune de Sainte Gauburge ) en éclairant les maisons d'une immense lueur . Ses moteurs tournant à plein régime ,Il s'écrasait à environ 200 métres de la route de Paris . On retrouvera dans les débris une grande quantité de produits pharmaceutiques , postes radio .
destinés au maquis Les huit membres de l'équipage Anglais et Canadiens sont enterrés à Saint Hilaire sur Rille prés de Aube ( Orne )

Dans la nuit du 9 au 10 Mai 1944 un short Stirling du 90 eme squadron basé à Tudenham Suffolk est touché par la batterie de Berniéres le Patry et s'écrase vers 23 heures 45 à Saint Jean des Bois ( Tinchebray )
Trois hommes d'équipage sont cachés dans la forêt de Gers ( Témoignage de André Rougeyron )et ravitaillés par un cultivateur Henri Durand habitant les Gériers Nous partons pour la forêt et aprés plusieurs appels découvrons trois gaillards bizarrement accoutrés s'approchant craintivement
Il s'agissait de Ph Green , Royston John et de Charles Potten ...
Par la suite j'apprends que le docteur Ledos a été arr^té , et je demande à Bourgoin d' abriter mes pensionnaires à l'Ermitage
Green témoigne "C'était mon 31 eme vol et nous avions pour mission de lâcher armes et approvisionnement sur un terrain situé dans le sud de la France
Nous devions effectuer ce trajet en respectant un horaire rigoureux , franchir la côte immédiatement aprés le crépuscule et au retour être hors de France avant l'aurore . Nous volions prés du sol sans avoir éveillé exagérément les défenses allemandes Nous avons été touchés par la DCA ( Il s agissait de la DCA de Berniéres le Patry ) Moteur tribord en feu , moteur babord hors d'usage . Trop bas nous ne pouvions sauter en parachute . Il fallait donc s'écraser avec la machine ...
L'un aprés l'autre nous sommes sortis dans l'herbe longue et drue ,Une bonne terre de France ferme et sûre  temoignera l un des rescapés
Témoignage personnel

Le 16 Juillet 1944 alors que nous étions réfugiés à Bursard nous apprenons qu'un bombardier venait de s'écraser de nuit prés de Larré au lieu dit " La Chouannerie "
. C'était un Halifax qui dans le cadre d'une mission SOE devait larguer ses parachutes sur le terrain "' Goudron " situé prés de Radon en bordure de la forêt d'Ecouves Mais les allemands avaient semble t il déplaçé les feux de balisage L’avion trompé ne put éviter la flak Les munitions stockées à bord explosérent une grande partie de la nuit
Nous trouverons dans la forêt un poste émetteur certainement destiné au réseau de résistance local

Rappelons quelques messages diffusés par la BBC parmi tant d’heures d’écoute mais generalement vers 19 heures et destinés aux résistants de notre région Chaque français rempli d’espoir écoutait les avec attention mais sans pouvoir deviner leur signification


CI LONDRES, LES FRANCAIS PARLENT AUX FRANCAIS...

«  Chaque tiroir a sa clé « 

« Noémie a un bouquet de violettes « 
« Elle a cueilli de pleins paniers de fraises « 
" Nous aimons le civet "
Qui ne connaît pas au moins quelques-uns de ces messages ? Derrière une phrase amusante ou bizarre se cachait souvent une grave décision : la préparation d’un atterrissage, la réception de matériels ou d’hommes parachutés, ou même l’organisation d’opérations de guérilla....

Dans notre département Edouard Paysant fut le chef de cette organisation dénommée le BOA et créée par Londres… . je suis fier de l’avoir connu Sa silhouette d’homme tranquille ,,présente aux abords du terrain de sport des Ormeaux ne pouvait me laisser soupçonner une telle responsabilité , lourde de dangers , à la merci de trahisons inattendues ou de bavardages imprudents C’est en Aout 1943 lors de son départ précipité de notre région que j’ai mesuré l’importance et l’efficacité de son œuvre


Les terrains sélectionnés et acceptés par Londres étaient soigneusement préparés avant de demander une opération aérienne qu’ elle soit de parachutage ou d’atterrissage Il fallait d’abord rechercher l’endroit où elle pourrait être effectuée avec le maximum de chances de réussite et la plus grande sécurité possible pour les hommes du comité de réception Les normes exigées de ce que l’on appelait «  le terrain » variaient selon le genre d’opération auquel il était destiné ( voir ci après )

Extrait de « Clandestinités » de Andre M azeline


«  l’âme du BOA fut Edouard Paysant ( pseudo Dominique Tinchebray )de Sées à qui Robert Aubin confia ce service en mars1943"

E Paysant déploya une activité inlassable .il sacrifia tout à la cause qu’il servait Son dévouement , son audace, son allant firent l’admiration de ceux qui le connurent
Il forçait l’estime et l’affection par ses qualités d’homme qui égalaient ses vertus de chef
Dans le département il prospecta et fit homologuer une vingtaine de terrains ,recruta leur chef et leurs équipes, organisa le service de liaison par radio avec Londres par courrier avec Paris, dirigea les premieres réceptions d’armes et de matériel, assura le sauvetage et la protection d’aviateurs alliés abattus , le camouflage des réfractaires Toutes les formes de résistance l’intéressaient , il ne s’accordait aucun loisir ,aucun répit ,Sa Simca bien connue des initiés sillonnait en tous sens le département ‘
C’est à la suite du sauvetage particulierement audacieux des rescapés d’une forteresse volante de l USAF ( deux victimes , six évadés , deux prisonniers) abattue aux environs de Belfonds à la Pilliére le 4 juillet 1943 qu il fut recherché par la gestapo avant de prendre différents postes de responsabilité dans le nord et la Bretagne Il disparut victime des georgiens de l’armée Vlassof
La recherche de terrains était confiée en principe aux responsables départementaux les emplacements possibles leur étaient signalés la plupart du temps par les unités de résistance locales
D ans la recherche de ces terrains Il était toujours préférable de trouver une grande étendue Les alentours devaient être assez dégagés pour faciliter la recherche des containers ou paquets parfois dispersés sur une grande distance ce que ne favorisait pas le choix d’une forêt attenante
Pas d’arbustes trop hauts qui pourraient cacher les lumieres du balisage

Il était souvent nécessaire que le terrain soit éloigné non seulement de toute présence de miliciens , d’allemands ‘ susceptibles d’intervenir rapidement mais plus généralement de toute habitation à moins que les habitants soient bien connus comme sympathisants et qu’il n’exista aucun risque de dénonciation ou de bavardage


Recherche du terrain par l’avion lanceur de containers

Un bombardier quadrimoteur occupé à larguer des containers et qui rôde au dessus de la campagne pour rechercher le terrain désigné après un échange de messages codés repasse souvent plusieurs fois au même endroit
Ailerons baissés, à la limite de la vitesse minimale de sustentation,l’avion descend à 150 métres pôur lâcher ses parachutes , L’équipage du bombardier concentré dans sa tâche périlleuse et dont le regard scrute le sol avec une grande attention remet ses moteurs à plein régime pour reprendre de l’altitude souvent au dernier moment
Ce type d’operations fait beaucoup de bruit dans le silence de la nuit et dans une campagne endormie ,obstruée par les nuages , la brume ou la pluie Cette operation constitue en fait une cible de choix du point de vue de la chasse allemande malgré la présence de la pleine lune
Il y eut bien sûr des échecs… erreur de navigation ,incident mécanique ,absence du réseau de résistance pour des raisons indépendantes de leur volonté , terrain invisible , la météo ….
Trop bas les colis risquaient de s’abimer au contact du sol Trop haut disperses par le vent et quelquefois hors de portée des résistants les colis étaient alors ramassés per les allemands ou des mains étrangéres



Les ..terrains Aurore , Godet lapin,Eclair Goudron,Orage et d’autres encore environnant notre ville de S ées seront le théâtre de parachutages très risqués ,de containers recueillis par des hommes défiant tous les dangers

On peut malheureusement citer plusieurs parachutages qui se sont très mal terminés dans notre région, au Merlerault par exemple où plusieurs membres du comité de réception furent arrêtes et déportés ,victimes de dénonciations


Feux de balisage vus du ciel

On comptera pes de 100 parachutages dans notre département Il est indispensable de se reférer a l’ouvrage de Michel Pichard «  l’espoir des ténébres » coordinateur du BOA national dont j’ai extrait quelques passages

……….par beau temps nuit du 8 au 9 avril 44 lendemain de pâques mission Harry, terrain Orage pleine lune là où apparaît la plus brillante depuis la terre ( 29 j at demi entre 2 pl

Qui devions nous admirer le plus en ces nuits de pleine lune ..le sang froid de ces équipages de la RAF ou la détermination des comités de réception au sol composés d’hommes  au courage énorme , conscients du danger mais prés à se sacrifier pour la cause de la résistance

L’équipe Tessier de Tanville ( le pére «  le sanglier «  et ses deux fils surnommés   les marcassins ) parcourut de longues randonnées en forêt , dormant à proximité  des lieux de parachutages dans des conditions extrémement précaires, bravant les intempéries mais surtout la menace permanente des patrouilles allemandes conscientes de la présence de ces réseaux clandestins Les équipes de réception dés la récuperation au sol des précieux containers dissimulaient provisoirement les objets tant attendus dans les buissons ,sous une couche de feuilles mortes ou de fougéres ou au creux d un fossé Une véritable d’existence d’homme des bois …

Encore fallait il un moyen de transport approprié et une cache adaptée pour conserver en toute sécurité ce matériel facilement repérable


Les 8 et 9 avril 1944 à Sées Deux agents secrets Sarcloir( et (notes de code en mission ,parachutés au haras des Rouges Terres , avec un lot important de containers purent transmettre leurs messages d’un refuge provisoire chez M B, Cercueil rue saint martin à Sées qui prit des risques énormes en les dissimulant les containers dans sa ferme Ryant souvent la visite des allemands pour la paille Rapidement détectés par les camions gonio allemands ,camions mobiles , spécialement équipés pour la detection des emetteurs clandestins ,les deux agents secrets purent s’esquiver dans la campagne environnante dissimulés sous des bottes de paille

Ce fut .....une guerre de la nuit faite d’organisation persévérante et de travail ingrat , de résolution méthodique et de mauvaises surprises , de complicités multiples et d’ingéniosité constante ,de coups de chances et d’avatars imprévus , d’héroisme et de trahison , de succés et de défaillances jusqu’à ce que ,aprés bien des sacrifices ,sonne enfin l’heure de la libération »
François Bédarida (institut d’histoire du temps présent)

Nous pressentons que le grand événement tant attendu se prépare .
Tout commence par une belle soirée de ce printemps 1944 Le 22 mai vers 23 heures un bruit de sirene lugubre et prolongé perce la nuit

Nous l'appellerons " l avion du débarquement "

Touché par la flak locale camouflée à proximité du pont de la
 Madeleine enjambant la voie ferrée Alençon Sées ,l’avion un bombardier lanceur de tracts s’embrase comme une torche des les premieres salves d’une DCA dissimulée prés de la voie ferrée L’avion en perdition , rase les toits de l’immeuble Marigny , et dans un dernier élan semble vouloir éviter les lourds clochers de la cathédrale qui se dressent face à notre maison .
Moment d’intense émotion que je ne suis pas prêt d’oublier …
Enorme explosion ,le bombardier s’écrase au lieu dit la Potence à proximité d’une ferme du Buhot prés des massifs d’aubépine qui bordent un herbage
A bord six hommes d’équipage que la brigade de gendarmerie ne pourra identifier

La découverte au cimetiére communal en 1998 cinquante quatre années après la date de ce crash ,d’une fosse commune oubliée et d’un vieux registre mit en évidence cette date du 22 mai qui s’avérait indispensable avant d’entreprendre des recherches auprés du Ministere de la défense britannique Cette même nuit plus de cinquante avions alliés avaient été abattus dans la région et une date précise m’était alors demandée pour orienter les recherches avec précision
Je m’étonnais jusqu’alors que les moyens techniques modernes de communications n’avaient pu permettre après la libération l’identification de l’équipage de cet avion

Une bague et la photo d’un aviateur inconnu rapportées par deux habitants , au journal L’orne hebdo permettront ensuite de retrouver les familles dispersées dans les états lointains de l’Ontario, du Québec et de la Colombie britannique avec l’aide efficace de Madame Shirley Stone
En fait de longues et patientes recherches couronnées de succés …mais teintées de regrets si l’on considére le temps écoulé depuis cette disparition de six hommes de nationalité inconnue dans un lieu ignoré et dans des circonstances totalement mystérieuses



Cet avion inconnu appartenait à une escadrille de six bombardiers canadiens ayant pour objectif désigné le lancement de tracts sur les régions de Laval , le Mans et Alençon .et tenant à avertir les populations de ne pas rester à proximité des points stratégiques , ponts ,viaduc .gares , voies ferrées …….
Collage Mme Shirley Stone

Une émouvante ceremonie réunit les mai 2004 ds notre ville les membres des familles venus sur les lieux du crash et ensuite honorer la mémoire de leurs chers disparus

Rappelons succinctement la suite des événements …
Le 1er juin 1944, les brouillages n’arrivent pas à couvrir l’indicatif sonore emprunté à la 5e symphonie de Beethoven, et qui signifient en code Morse "V", comme victoire.
Generique resté célebre ds la mémoire collective française . On compta près de 200 messages ce jour là …
Et enfin le message tant attendu par la résistance ,le poeme de Verlaine «  les sanglots longs des violons blessent mon cœur d’une langueur monotone …. »
Dans la nuit du 5 au 6 juin plus de mille attaques de sabotage seront commises en Normandie, précédant l’arrivée de la flotte de la liberation

Roger Cornevin ex sagien


Sources

Ma formation et mon experience acquises dans le cadre de l’Aeronautique navale, l ecole de pilotage de radar et de navigation à Lartigue (Algérie) en 1949 et l’Ecole Navale à Key West USA en 1962 m’ont incité peut etre par déformation professionnelle à faire des recherches sur l’activité aerienne durant la période de l’occupation dans la region sagienne /

Période vécue en me posant le maximum d’interrogations sur les missions et vols nocturnes qui perturbaient quotidiennement les nuits de notre petite ville
En Algérie et d’autres bases aprés 1945 nous volions sur tous ces avions qui avaient fait la gloire de la RAF et de l USAAF
La flotte aérienne française pratiquement inexistante après le guerre s’était dotée malgré leur état de délabrement avançé de . Lancaster ,Halifax Anson , Stirling , Sunderland etc…
Tous ces avions récupérés avaient bien sûr subi toutes les révisions et modifications que l’on pouvait attendre avant d’être utilisés avec le maximum de sécurité par notre personnel de l’aéronautique navale

Avec le temps …. diverses archives ou documents concernant l aéronautique et le survol de notre région par les avions alliés en cette période d’occupation s’avéreront disponibles et consultables C’est a partir de ces documents que j’ai acquis ces informations en y ajoutant différents témoignages

-SOE in France ouvrage de Michael rd Foot (800 pages )disponible en France en 2008 Après……40 ans d’interdiction

-Archives Noel Archer ( ami de la famille ) flight lieutnant de la RAF spécialisé dans les rapports de crash et l’identification des victimes
exemple Larré ,Sées la Potence dans notre région
Noel Archer avait acquis une certaine célébrité en identifiant le corps de René Mouchotte français commandant de la prestigieuse escadrille de Begin Hill plusieurs années après sa disparition

Recherches identification René Mouchotte ( voir mon article ) etc..

-Colonel Paul Riviere et Association Serge Blandin à Lyon

-Archives departementales de l’Orne

-Michel Pichard coordinateur national du BOA Ouvrage « l’espoir des ténébres  »

-Archives et correspondance canadiennes

-Afees Association américaine réunissant les évadés américains aidés par la organismes de résistance nationaux

-Ansa association nationale du sauvetage aérien
-Sites web relatifs au SOE et à la guerre clandestine

- les membres des équipages des avions alliés abattus dans notre région

-Colloque mairie de Paris 23 oct 2009 sous l’autorité du maire de P aris
«  les agents de la section F DU SOE ( special operations executive pendant la seconde guerre mondiale )

________________________________________________________________
-Recherches pour une correspondante canadienne de l’organisation du réseau «  Monkey Puzzle «  dissous par le SOE britannique en 1943 en raison des insuffisances de leur chef ce qui entraina indirectement l’arrestation et la disparition d’ un grand nombre de réseaux à l’échelon national et l’éxécution d’un grand nombre d’agents par la Gestapo




Le SOE

L action du SOE  » mettre le feu à l’europe « a été longuement tenue secréte pour des raisons politiques mais l’œuvre de Michael r d Foot cet historien désigné par le gouvernement brtannique a été mise à l index pendant prés d un demi siecle par décision du Foreign office
On peut penser que le secrétariat de sa majesté craignait de susciter l’irritation du général de Gaulle alors au sommet de sa carriére et les protestations des resistants ….Publier en France une enquête sur la Résistance française made in Britain….semblait incongru

Cet ouvrage edite en 1968 resultera alors d une commande officielle du gouvernement
..
Les autorités britanniques ont longtemps eu pour politique de verrouiller les archives du SOE aussi strictement que celui des autres services secrets

Imprimé en Grande Bretagne en 1968 « SOE in France  » 800 pages ne fera son apparition en France …qu’en 2008 et apportera de nombreux eclaircissements relatifs à la guerre secrete qui entraina dans un même combat agents britanniques et français
Présent dans notre petite cité sagienne pendant cette période de l’occupation , je me suis surtout concentré sur les événements relatifs à notre région







Rappel


SOE Cest en Aout 1940 qu’un conseil du cabinet de guerre présidé par Winston Churchill décida de créer le Spécial Operations Executive ( SOE ) l’une des machines de guerre les plus originales et les plus efficaces Son but détruire le potentiel économique et industriel de l’ennemi dans tous les pays occupés par l’Allemagne
Coordonner toutes les actions qui seront désormais entreprises contre l’ennemi sur le continent par le moyen de la subversion et du sabotage


Le BCRA de Gaulle essentiellement service de renseignements de la France libre fut crée à Londres Il prend de l’ampleur à mesure que son activité se développe et se diversifie en liaison avec l’intelligence service britannique il noue ensuite des relations avec le SOE service dédié à l’action subversive On peut estimer qu’il a envoyé avant le débarquement environ 170 agents de renseignents et entre 200 et 250 agents dédiés à l’action ( saboteurs agents de liaison )

Deux agents du SOE (BCRA) furent parachutés à Sees à Pâques 1944 sur le terrain
de

Le BOA organisme clandestin national prit naissance sur notre territoire .Dans notre département il fut dirigé par Edouard Paysant
Pour armer les groupes clandestins qui ne disposent que de quelques armes manquant de cartouches et d’explosifs il est absolument indispensable de parachuter des armes et du matériel afin d’alimenter les différents réseaux mis en place par la résistance
L e BOA perdit la plupart de ses membres après la chute de la forteresse volante le 3 juillet 1943 En effet l’aide apportée par Edouard Paysant et plusieurs résistants aux six évadés américains attira l’attention de la Gestapo . Ceux-ci furent ou arrêtés ou obligés de quitter notre région affaiblissant ainsi les moyens mis en œuvre lors des interventions des résistants au sol à la réception des parachutages


.
La BBC réglait pratiquement l’ existence de la plupart des français tout au moins pour ceux qui accordaient la plus grande confiance aux alliés en écoutant les nouvelles transmises par Robert Schuman   , Jean Marin , Pierre Jourdan .On commençait à ressentir une sorte de tressaillement aux premiers succés alliés qui commençaient à se dessiner
Pour ce qui est de la lutte clandestine une évidence s’imposait :
Ces conquêtes techniques constituaient des atouts aux effets incalculables .
Qu ‘aurait été en effet la résistance si les combattants de l’ombre et les différents comités de réception n’avaient eu aussi pour eux l’azur et le ciel ? Sans la voie des airs sans la possibilité offerte de la sorte à la France libre et aux alliés de pénétrer au coeur du territoire occupé par l’ennemi ,en se jouant de la mer ,des frontiéres et des fortifications ,comment les groupes de résistants auraient ils pu communiquer , recevoir des armes , accueillir ou envoyer des agents ? Et sans la télégraphie sans fil ,sans les émissions des radios clandestines éparpillées à travers la France ,sans les écoutes de Londres ,sans les messages personnels de la BBC ,comment auraient pu s’effectuer les liaisons , se transmettre les instructions , s’échanger les renseignements ?

Les liaisons aériennes vont donc jouer un rôle essentiel dans le domaine des missions d’action et de renseignement mais dans une perspective plus large il n’est pas excessif de dire qu’elles influeront sur le cours de l’histoire


Tout au long de la Seconde Guerre Mondiale, les forces aériennes alliées ont assuré le soutien des agents infiltrés derrière les lignes ennemies et des réseaux de résistance , sans lesquels les services de renseignements n’auraient pu opérer

Bien que relativement modestes par rapport aux autres mouvements de la resistance les réseaux SOE ont à leurs actif 50 du nombre des parachutages réussis en France et plus de 50 du tonnage parachutés soit 3733 parachutages réussis ( ref la tragédie du réseau Prosper de Richard Seiler )

En Angleterre deux escadrilles chargées de missions spéciales sont mises à la disposition du SOE
La premiére le squadron138 basée à Temsford est chargée avec des appareils du type Halifax et whitley de larguer des parachutistes, du matériel et des postes radio nécessaires aux agents en operation

Basés à Temsford il faudra entre une heure de vol et 90 minutes maximum à ces Halifax spécialement adaptés à ce type de mission et dont les soutes ont été modifiées pour accueillir les containers contenant , armes , munitions , médicaments









Le Halifax est l’un des plus célébres bombardiers de la RAF
Le bombardier lourd short Stirling entre 1943’et 1944 sera utilisé aidé par les B 17 forteresse volante de la 8eme air force des Etats unis qui interviendront à partir de
.
Le 801st / 492nd Bomb Group “The Carpetbaggers”, homologue américain du Group 161 de la Royal Air Force, était basé à Harrington dans le Northamptonshire. Ses missions étaient similaires à celles du Group 161 (Special Duties) de la Royal Air Force. En 1944, le 801st/492nd Bombardment Group de la 8th U.S.A.A.F. était le bras ailé du service de renseignement américain récemment créé, l’O.S.S. (Office of Strategic Services). A Harrington les Carpetbaggers avaient perfectionné l’utilisation des B-24 Liberator pour le transport et le largage nocturne



La seconde le squadron 161Q est stationnée àTemsford dans un premier temps avant de s’installer prés de la Manche à Tangsmere Cette escadrille se sert beaucoup du lysander pour transporter les agents en F rance et les déposer sur un terrain clandestin

Ce fut .....une guerre de la nuit faite d’organisation perséverante et de travail ingrat , de résolution méthodique et de mauvaises surprises , de complicités multiples et d’ingéniosité constante ,de coups de chances et d’avatars imprévus , d’héroisme et de trahison , de succés et de défaillances jusqu’à ce que ,aprés bien des sacrifices ,sonne enfin l’heure de la libération »
François Bédarida (institut d’histoire du temps présent)

Diverses installations sont mises en place dans le plus grand secret écoles spéciales de formation aux activités clandestines ,labos mettant au point des appareils pour agents secrets aérodromes camouflés auprés desquels la raf détache 2escadrilles la 138 eme et la 161 EME accompagnées de leurs pilotes et navigateurs chargés des transports à destination des mouvements de résistance de toute l’europe ooccupée

Temsford à destination des comités de l’orne



Concernant la topographie de notre département je fais référence à un texte d’un membre du BOA (ref ad orne ).
«  Par sa position stratégique à moins de 100 kilometres des bases aériennes du sud de l’Angleterre , l’Orne constituait un département clé favorisé par la nature de ses paysages , petites plaines ou campagnes protégées par les hauteurs boisées entourées de haies vives , de vergers de pommiers accessibles par des chemins couverts et secrets
La nature de sa population dresséee d’instinct contre les pouvoirs comme elle le fut au temps de la chouannerie normande et au temps des émeutes des bouilleurs de cru apportait à sa vocation quelques éléments non négligeables … »

Voir carte temsford orne

Si l’on étudie la topographie de notre département limité au nord par Argentan et au sud par Alençon, a l’ouest par la forêt d’Ecouves aux futaies profondes qui s’étend sur 1500 hectares nous allons vers le centre du département pour découvrir des plateaux faiblement ondulés dépourvus d’épaisses forêts et de bosquets importants et offrant un contraste accusé avec les contrées immediatement voisines le bocage à l’ouest ,le Perche à l’est Ce sont ensuite les plaines d’Alencon Argentan et Sées


En ce qui me concerne j’ai surtout retenu l activité de terrains qui se tenaient dans un rayon d’environ 15 km de Sees, petite ville dominée par sa cathedrale
-Six terrains seront choisis par l equipe du BOA dirigee pa Edouard Paysant

Chaque soir les messages les plus sybillins abondent sur la BBC que beaucoup de français écoutent discrétement avec la crainte permanente d’être surpris

Ecoutant les émissions de notre vieux poste de TSF nous essayons de comprendre la signification de tous ces messages diffusés sur les ondes

Que disent ils ?

Un message secret de la radio de Londres seulement compris des résistants annonçe le lieu d’un parachutage et la date du rendez vous adressés à differentes équipes sur le qui vive mais conscientes du danger

Difficultés rencontrées par les résistants en attente d’un parachutage

, Accident mécanique de l’avion lanceur ,L’avion lanceur ne trouve pas le terrain
Patrouilles allemandes ou feldgendarmerie présentes aux alentours du terrain déterminant le report du lancement ,intervention de la chasse de nuit allemande ,balisage déplaçé par les allemands




Ces équipages qui nous survolaient…. d’où venaient ils ?

Les équipages britanniques qui nous survolaient étaient composés généralement de membres du Commonwealth Ainsi différentes nationalités se cotoyaient pour équiper ces lourds bombardiers dans le cadre de ces missions SOE Des sujets britanniques ,canadiens , australiens ,neo zelandais,sud africains mais aussi des polonais etc jusqu’au jour ou les équipages américains ou Carpetbaggers vinrent à la rescousse
Au lieu de décoller de Temsford ces bombardiers de type Liberator décollaient de ..Harrington

Habitant le département de l’Orne J’ai pris ce département comme département de référence et il nous faut réaliser que nous étions seulement à 90 minutes de vol de Tempsford





Réflexion d’un membre d’équipage … ( rencontré à Key west Floride et retraité de la RAF )

-« Notre base de Temsford est située à 100 km au nord de Londres Nous décollons de Temsford destination … la France .Nous passons à haute altitude au dessus de Londres
La destination est gardée secréte ;;;mais nous savons que c’est un petit coin de
Normandie
La joie d’apercevoir la ligne sombre qui annonce la côte française est vite atténuée par l’illumination inamicale des projecteurs allemands et l’aboiement des canons de la flak dont les obus éclatent autour de nous . Nos repéres…les lumiéres des habitations , les rivieres scintillantes sous les rayons de lune , les ponts ,les gares ,les voies ferrées, les églises , …
Notre objectif pour aujourd hui où nous devons larguer nos containers c’est un territoire inconnu quelque part en France ( en l’occurrence un département situé à l’intérieur des terres …..l’Orne …) ou il nous faut parachuter de nuit des containers remplis d’ armes, munitions ,et medicaments ; nous n’oublions pas le colis cadeau … composé de thé , café , et cigarettes …
Un simple coin de France caché aux abords d’ une sombre foret mystérieuse qu il nous faut absolument trouver… quelles que soient les conditions climatiques ,les radar et les danger du ciel marqués par la chasse allemande toujours aux aguets
Les missions avaient pour nom «  mission Harry « et les avions Halifax appartenant au 138 et 161eme squadron spécialement adaptés à ce type de mission décollaient de Temsford aéroport militaire britannique secret situé à 100 km au nord de londres et de



Un comité de réception courageux (citons les groupes T essier , Cercueil etc..°,)vigilant , prêt à tout , caché sous les ombrages nous attend ,guette désespérément notre arrivée quelles que soient l’heure de la nuit , la température, le brouillard ,la pluie , la neige , les rafales de vent et il nous faut absolument découvrir les feux dissimulés dans une nature surveillée par les patrouilles allemandes Tâche périlleuse entre toutes qu’il nous faut assumer
Rappelons que le ciel de nuit est une occasion d’affronter pour les lourds bombardiers ….. les rapides chasseurs de la Luftwaffe
Cette bonne terre de France si attirante mais inhospitaliére il nous faut la survoler avec la plus grande prudence avec un équipage perpétuellement aux aguets scrutant du sabord ou de la tourelle arriére les profondeurs de la nuit
..
 Un Halifax spécialement aménagé et chargé de ses containers emporte armes munitions medicaments destinés à la resistance locale

Fin 1942 le SOE pouvait utiliser 2 escadrilles toujours basées à Temsford , le 138 eme squadron composé alors d’une quinzaine de Halifax et le 161 eme squadron 5 Halifax six Lysander et un Hudson
.
liberator lanceur de containers des Carpetbaggers




L’heure du rendez vous

Les avions lanceurs lourdement chargés disposent tous d une autonomie suffisante pour couvrir toute la France Cependant leur vitesse de croisiere amoindrie par la lourde charge transportée containers remplis de munitions , armes , médicaments rend difficile les missions dans le Sud pendant les courtes nuits d’été
En effet pour ne pas servir de cible trop faciles à la chasse allemande ils ne pouvaient aborder les côtes françaises qu’après la tombée de la nuit et devaient etre de retour en Angleterre à tempsford ou Harrington avant le lever du jour En général ces avions alliés étaient lourdement chargés et le fait de voler à basse altitude représentait un handicap certain
La necessité d’éviter les zones de flak ou de DCA leur interdisait la ligne droite et augmentait la longueur du trajet
Nous approchons de la dropping zone et bientôt s’allume la petite lampe rouge de l action station
Dans le cadre de leur mission ...trés spéciale... la nécessité d'éviter les zones de flak interdisait généralement la ligne droite et augmentait la longueur du trajet
Partant de Tempsford l’avion ravitailleur de maquis quittait la côte anglaise à et entrait sur le territoire français entre Caen et le Havre

Pour etre présent au rendez vous et echapper aux tirs de la DCA et aux chasseurs de nuit de la Luftwaffe , l’avion anglais doit naviguer feux éteints dans la pénombre ,reperant les points  stratégiques ,lacs ,ponts , lignes de chemin de fer, cours d’eau , villes calfeutrées ..enfin toutes sortes de signes distinctifs avant de trouver enfin un terrain identifié par la présence au sol de lampes torches formant une lettre de reconnaissance Il s’agit de larguer à cet endroit précis les containers de munitions et de médicaments attendus par les résistants

Recevoir du ciel par une nuit de pleine lune ,quel que soit le temps ,des armes ,des munitions des medicaments … tel ést l’enjeu de cette lutte qui oppose sur terre et dans les airs la Luftwaffe ,la flak allemande ,la wehrmacht , les bombardiers anglais ,et les résistants combattants de l’ombre
Poste emetteur utilisé par les résistants disséminés dans les maquis

Activité du SOE
 .
Avant de demander une opération aérienne qu'elle soit de parachutage ou d'atterrissage en territoire occupé ,des normes sévéres de choix du terrain avant une homologation éventuelle étaient exigées par la RAF et demandés au BOA ‘ ds notre cas l Orne )selon le genre d'opération auquel l'avion était destiné ,mission généralement exécutée par clair de lune
Les alentours du terrain devaient être assez dégagés pour faciliter la recherche des " paquets " dispersés . Il était nécessaire qu'ils soient éloignés de toute présence allemande , milicienne , ou de gendarmerie .
Notons que les gendarmes sagiens Tual , Collet , Bouillé et Daniel ont participé à ce type d’opération et trois l’ont payé de leur vie

Premier parachutage dans l’Orne

Il faut rappeler dans notre département et particulierement dans ma région sagienne l’action des comités de réception Tessier ,les fréres Cercueil

Le premier parachutage ds l’orne eut lieu sur le terrain du V ieux montmerrei le chef de terrain était Chevreuil de Mortrée Je l’ai rejoins à 22 heures avec son équipe composée d’une dizaine d’hommes de mortréev
Dont le brigadier de gendarmerie de Mortrée vers minuit l’avion est apparu et nous a lâché des colis 12 containers , 11 d’armes contenant deux FM des mitraillettes Sten des mitraillettes et des pistolets et des munitions plus le spécial contenant tabac cigarettes et thé
Le même soir devait avoir lieu un autre lâché sur le terrain des Rouges Terre et
E Paysant était sur place malheureusement l’avion peut être touché ne vint pas mais le parachutage eut lieu avec succés quelques jours plus tard là encore les des armes et des premiers explosifs plastic , détonateurs ,amorces méches … ( avec le mode d’emploi ….)
Il faut dire que le ciel était un piége permanent confirmé par les témoignages suivants comme semblait l écrire Hugh Verity dans son document «  nous atterissions de nuit »

« je me rendais a 22.25 le 16 aout 1943 à Couture sur loire lorsque je me trouvais a proximite d’Alençon un mile devant moi je vis un bombardier en flammes touché par un chasseur de nuit que je n’avais pas vu ….»

Dans la lueur des flammes je ne vis aucun parachute j’estimais donc qu’il n’y avait aucun survivant

Ce fait est confimé par les archives de la RAF qui ce jour annoncent la perte d’un Lancaster et de son équipage .L’avion en détresse cette même nuit s’étaît débarassé de ses bombes au dessus de Boitron village stué à 8 km de Sées L’équipage du Lancaster est inhumé au cimetiére du mans

Le danger pour les aviateurs ou les résistants provenait du contrôle et de la maitrise des airs et du sol par les allemands

Au sol un terrain truffé de batteries de DCA allemandes

Une Wermacht toujours sur le qui vive et prête à intervenir quel que soit le lieu

Les chasseurs de la luftwaffe toujours prêts à décoller dés la moindre alerte pour intercepter le moindre avion suspect

Des systémes de détection radar équipant des voitures spécialisées de la

Luftwaffe permettant la détection des postes emetteur de la Résistance

communiquant avec les avions du SOE

Le danger chaqe mois en fonction de la saison le BCRA communiquait aux reseaux d operations les dates limites de celles-ci il admettait souvent que l’appareil soit en retard car en 1943 tout en moins un bombardier de la raf larguait parfois sur 2 ou 3 terrains
Ainsi le Halifax abattu à Larré le 16 juillet 1944 avait pour destination finale Chatellerault .et le comité de réception a attendu en vain la livraison des containers qui lui étaient destinés D’après Noel Archer ( Enquete du 5 1 45 ) accompagné de Ch Hayton qui le guidait géographiquement dans notre campagne normande )Le chargement comprenait des armes et munitions Il fut abattu par une batterie de DCA cachée dans une mare asséchée

Nous n’avons jamais pu connaître la destination du poste emetteur que nous avions trouvé dans le bois Leguernay et qui était peut être destiné au 7 eme homme membre de l’équipage qu’il nous a été impossible d’identifier avec Madame Shirley Stone


Systeme Eureka

Vers le milieu de la guerre le système Eureka permit d’ameliorer pour les pilotes la possibilité de localiser plus facilement les terrains de parachutages

Eureka et Rebecca ont formé un système de balises basées à terre et d'équipement aéroporté de goniométrie conçus pour aider la livraison de logistique par largages d' approvisionnements aux groupes armés ou de résistance en Europe occupée et le parachutage d'agents et de commandos.
Eureka était la balise et Rebecca le récepteur la station aéroportée.
La balise était un récepteur et un émetteur super-régénérateurs fonctionnant dans la gamme de fréquence des 214 - 234 mégahertz,
actionnés à partir d'une batterie par l'intermédiaire d'une unité d'alimentation d'énergie de vibrateur.
Une antenne sur trépied portatif était érigée sur la D.Z( dropping zone ) au moment d'établir la communication
.
.
,
Extrait de « Clandestinités » de Andre M azeline

«  l’âme du BOA fut Edouard Paysant ( pseudo Dominique Tinchebray )de Sées à qui Robert Aubin confia ce service en mars1943

E Paysant déploya une activité inlassable .il sacrifia tout à la cause qu’il servait Son dévouement , son audace, son allant firent l’admiration de ceux qui le connurent
Il forçait l’estime et l’affection par ses qualités d’homme qui égalaient ses vertus de chef
Dans le département il prospecta et fit homologuer une vingtaine de terrains ,recruta leur chef et leurs équipes, organisa le service de liaison par radio avec londres par courrier avec Paris, dirigea les premieres réceptions d’armes et de matériel, assura le sauvetage et la protection d’aviateurs alliés abattus , le camouflage des réfractaires Toutes les formes de résistance l’intéressaient , il ne s’accordait aucun loisir ,aucun répit ,Sa simca bien connue des initiés sillonnait en tous sens le département








Les comités de réception composés d’hommes résolus avaient ordre de choisir des sites aisément repérables du ciel pour éviter que l’avion cherche la zone DZ ou ( dropping zone ) largage limitée par des feux destinés à l orienter .
z one qui pouvait être cachée par un bois ou plongée ds les profondeurs d une vallée le navigateur devait toujours recourir à la lecture de cartes et a la navigation a l estime
Suite comité de réception cercueil tessier

Un bombardier quadrimoteur qui rôde au dessus de la campagne pour rechercher le terrain ,repasse plusieurs fois au même endroit , descend à quelques 150 métres pour lâcher ses parachutes , remet ses moteurs à plein régime pour reprendre de l'altitude . Toute cette procédure d'approche et de remise de gaz fait beaucoup de bruit dans le silence de la nuit . Il était préférable que le navigateur qui avait suivi sa route au compas puisse apercevoir au sol sous le clair de lune ,des repêres caractéristiques pour se situer exactement en territoire inconnu ... fleuves et riviéres , lacs , ponts lignes de chemin de fer etc... . Que de fois les avions sont passés à quelques kilométres ...sans voir les lumiéres du balisage
Differents groupes
Texte comité de réception dornier gendarmes oroblémes après réception équipe tessier
Attention à l’identité
Extrait de témoignage (
Terrin Garde commune de l’home chamondot
Juillet 1944 16 tonnes de matériel à réceptionner lançés par 4 halifax
«  nous donnâmes le signal d’allumage des lempes de mle lgne de balisage en m^me temps sque la lettre conventionnelle en morse au moment où l’avion passait à la verticale du terrain nous nous aperçumes un peu tard qu il s’agissait d’un dornier et non de l’un des halifax attendus …Le dornier fit feu de toutes ses mitrailleuses par bonheur personne ne fut atteint ;;sauf une vache qui se trouvait être la plus belle du troupeau nous dit le fermier nous avons donc déboursé 10000 francs
Les quatre halifax vinrent ensuite nous récupérions de containers et de parachutes heureusement nous étions une trentaine

LA réception des containers ne constituait qu’une étape …le rapatriement des containers et leur dissimulation représentait sans doute le plus grand danger









Les avions destinés pour ce type de missions franchissaient la côte française dans la région de Cabourg moins d’une heure après leur décollage de Tempsford
Pour les parachutes 3 lampes torche suffisent à indiquer la direction du vent , l’axe de largage et la lettre de reconnaissance
Il importait que ces terrains sélectionnés par le BOA local soient dépourvus d’obstacles et surtout de lignes électriques En raison du balisage les terrains devaient être invisibles des environs ils étaient souvent entourés de bois ou juchés sur des plateaux
La répression et les radar repérant les avions isolés lorsque ils descendent jusqu 'a 200 mètres afin de larguer leurs containers ils disparaissent des écrans mais par triangulation ( voir chapitre ) la zone suspecte  est localisée si la luftwaffe dispose d’ 1 base à proximité la chasse intervient promptement ex Evreux certains pilotes de bombardiers prenaient ils le risque de voler à basse altitude en regagnant l’Angleterre même au retour de raid sur l’Allemagne





A Sees …. la nuit

Alors que le silence s’installe sur notre petite ville le pas d une patrouille résonne sur les pavés de notre grande place Crâne rasé ,impassibles sous leur calot ce sont les mongols ,ceux que tout le monde craint ;;;; les Ostruppen ou troupes de l’Est ralliés aux allemands ( armée Vlassof ) Commandés et dirigés par un feldwebel perpétuellement aux aguets ils surveillent le camouflage des fenêtres et des embrasures de portes et veillent à l’observation rigoureuse du couvre feu
L’éléve chargé de tendre les rideaux noirs supposés nous apporter la tranquillité absolue vis-à-vis des patrouilles c’est mon ami R J sympathique garçon chahuteur toujours volontaire pour tendre ces rideaux et assurer un camouflage quelquefois symbolique..
Jean Mazeline était alors notre instituteur
Une seule fois la patrouille fit irruption dans notre salle d’études cris , sifflets stridents, coups de poing sur la porte ….la charmante surveillante Melle L ..eut la peur de sa vie et nous collégiens inconscients et indisciplinés nous étions enchantés de mettre un terme à l’étude du soir


Les actions americaines de l’USAF 801st 492 surnommés carpetbaggers missions décollant de Harrington ne sont pas traités dans cette note mais il faut savoir qu un certain nombre de parachutages furent executés ds l’Orne dans le cadre des missions Harry




J’ai noté ce témoignage de Bernard C ercueil qui retrace en fait les traits de la vie nocturne autour de notre petite ville ,vie clandestine ignorée de la plupart des sagiens …




Témoignage de Bernard Cercueil fils de Edouard Cercueil habitant 30 rue Saint Martin à Sées ( extrait des echos sagiens )
Eugéne riviére de B elfonds

Pâques 25 Avril 1944


«  Edouard Cercueil participe à cette opération Il réceptionne prés de deux tonnes d’armes qui seront cachées dans la ferme de Mr Gaucher et je fais référence au témoignage très détaillé de Bernard Cercueil

« Un parachute ne s’est pas ouvert . Le container s’est retrouvé alors qu’il fait jour mais il est enfonçè dans le sol . Il faut faire vite pour en retirer les armes et ne pas être vus
Le parachute et le container vide restés sur le terrain seront récupérés par Mr Lelibou qui les camoufle rapidement
En attendant leur transport à la « Maison Verte «  les deux tonnes d’armes sont stockées chez Edouard Cercueil sous sept rangs de paille dans le hangar de la ferme ( 30 rue Saint Martin) C’est alors que les allemands décident de venir chercher de la paille et concasser des biscuits de soldat . Ils sont quatorze
Edouard Cercueil voyant le tas de paille baisser rentre chez lui , prend deux revolvers ,les met dans sa ceinture et dit à sa femme Madeleine «  Si tu entends péter , fais ce que tu peux «  puis retourne sous le hangar
Ne sachant que faire elle monta au grenier pour prier
Edouard Cercueil demande au sous officier s’ils avaient bientôt fini de prendre de la paille car lui aussi en avait besoin .Les allemands arrêterent leur chargement il ne restait que deux rangs au dessus des munitions . Ouf l’alerte avait été chaude ....
Vers la fin d’avril 1944 les parachutes devenant encombrants il fut déçidé de les brûler rue Saint Martin . Maurice Cercueil avait une vachère à pneus et une jument qui n’était pas ferrée rassemble les parachutes dans la vachère . Il installe sa femme et les enfants sur le chargement sur la vachère et c’est ainsi que vers midi le chargement transita de Sévilly à la rue Saint Martin sans problème Apres avoir mangé Maurice rentre tranquillement avec sa famille à Sévilly
Le lendemain à l’aube Edouard brûla tranquillement les soixante parachutes .




Les deux agents parachutés ( Tracteur et Sarcloir ) trouvent ainsi asile au 30 Rue Saint Martin au troisiéme étage de la maison d’habitation

Note « histoire de la résistance en France «  tome ‘4 octobre 43 à mai 44 octobre Les deux «  saboteurs « largués sur Aurore se nommaient René Carrel ( S arcloir ) et Tracteur noms de code adoptés par le BCRA pour ce type de mission
En fait le radio Wallon de son nom véritable devait prendre en charge et l’ acheminer en Bretagne dans le cadre de Samwest


Dans ce chapitre on note la proportion inhabituelle d’agents parachutés à l occasion de ces diverses opérations cela s’explique de toute évidence par l’imminence du débarquement
14 agents ont été parachutés ce seul mois d’avril

Arrestation de Gravel Marcel ouvrier agricole à Saint Léonard des parcs ( canton de Courtomer ) Déporté pour parachutages et transport d’armes
Libéré le 2 Mai 1945 à Neustadt petit port sur la Baltique ( commando de Neuengamme )

Les crashes ds notre région des l1 9 45 Noel Archer familier de notre famille et accompagné par Charles Hayton décrit dans son rapport la composition du chargement destiné à la résistance locale

Voir dangers radio

CHAPITRE X Moyens de détection allemands

Avril 1944
. Aucun événement ne peut échapper à notre curiosité
Les photos prises avec mon vieux Kodak à soufflet des années 20 ont bien fixe quelques images telles que celles prises à Belfonds en juillet 1943 ( photos d’ailleurs inédites ) mais le risque d’être surpris reste le même
Ce kodak encombrant J’ai failli me le faire «  confisquer «  par un officier allemand en mai 1940 lors de l’arrivée des premieres troupes d’occupation
Combien je regrette de n’avoir pu fixer sur la pellicule les mouvements de troupes sur notre place du Parquet ….les allemands épuisés après une longue marche, affalés aux pieds de la statue de Conté, ,, la reléve de la garde au pas de l’oie prés du marchand de primeurs Bujosa , , la fanfare , fifres en tête paradant fierement ; ; sous nos fenêtres ,l’agitation permanente des employés administratifs de la Wehrmacht sur les marches de l’hotel de ville et en particulier du personnel féminin ( elles étaient surnommées «  les souris grises « car bien sûr vétues de gris )
Encore aurait il fallu ,contrainte supplémentaire ,faire développer la pellicule chez un photographe de confiance sans attirer l’attention,d’un occupant

Ce matin d ‘avril avec mon père de notre fenêtre donnant sur la place du parquet ,poste d’observation privilégié nous sommes intrigués par la présence de deux camions équipés de matériel inconnu . Leurs occupants casqués d’écouteurs se livrent à des manœuvres mystérieuses prés du piédestal en granit de Conté , socle débarrassé de son grand homme pour l’éternité .Vêtus de bleu , il s’agirait de soldats de la Luftwaffe reconnaissables à leurs uniformes
Nous demandons à un gendarme de nos connaissances la cause de cette animation….il reste muet Il est vrai que ce n’est plus la même brigade ,la précédente ayant été déportée en Aout dernier aprés la chute de la forteresse volante à Belfonds Que sont devenus nos gendarmes , figures familières et clients assidus de notre salon ?,
Trois soldats casques avec écouteurs s’agitent autour des camions alors surveilles par deux feldgendarmes reconnaissables à leur plaque de poitrine bien astiquée L’un d’eux entre dans notre cour et demande à mon père un seau d’eau
Sur le toit du camion un grand cercle en métal dont je ne puis distinguer l’utilité

J’ai pu avec le temps trouver la raison de cette animation….Ces soldats se préparaient ou s’exerçaient à une opération de détection d’émetteur et certainement en relation avec l’émetteur caché chez Cercueil ( voir témoignage Bernard Cercueil ) …bien sûr nous ignorions cette situation  
Les allemands avaient donc été informés d’un parachutage dans la région….
Edouard Cercueil homme courageux cachait en effet clandestinement deux agents secrets parachutés au haras des Rouges Terres Edouard Cercueil averti in extremis par Mr Jouy épicier ,voisin de Ipcar électricien habitant place du Parquet s’empressa de faire évacuer les deux agents dans la campagne environnante


Le principe de l’identification et de localisation d’émetteurs clandestins utilisés par la résistance est le suivant ,L ‘installation de camions utilise le principe de propagation des ondes courtes ( ondes directes) le long de la surface du sol autour de l’émetteur , et que recherche le récepteur allemand Les ondes réfléchies vers le sol par les couches nuageuses , constituent les ondes recherchées par les grands centres de recherche allemands Brest Nantes en France Munich Hambourg en Allemagne etc ..
Une première phase délimite un premier triangle de 20 km de coté triangle repris sur un triangle de 2 km de côté grâce à l’onde de sol et les camions portant le récepteur gonio que nous distinguons sur le toit du camion( voir photos )

Roger cornevin ex sagien

Témoignage



E voyer communication avec Londres le 3 janvier 1944 extraits de témoignage

Alors que l’opérateur radio alias Malgache transmettait un message à Londres depuis l'appartement de m et mme Puyravau situé au 1 er étage de l’hotel de ville de Mortagne la présence de la voiture gonio et d’autres véhicules occupés par des soldats allemands lui fut signalée par des guetteurs dont
mme Puyraveau et ma propre fille Georges n’eut que le temps de retirer son antenne qui pendait d’une fenêtre et ranger son poste émetteur dans une famille Il sortit de l’hotel de ville au bras de ma fille au nez et à la barbe des allemands en devisant et riant gaiement comme l’auraient fait deux fiancés
Les allemands ont fouillé l’hotel de ville et furieux de ne rien trouver l' ont adossé au mur et couché en joue
ils sont repartis bredouille alors qu’ils avaient fort bien localisé le point d’émission la leçon a été retenue car par la suite nous avons changé souvent de points d’émission

Les deux agents parachutés ( Tracteur et Sarcloir ) trouvent ainsi asile au 30 Rue Saint Martin au troisième étage de la maison d’habitation

Quelques jours plus tard Maurice Cercueil agriculteur à 
Sées venait livrer du lait à l’épicerie Jouy place du Parquet et passait régulièrement chez son frère boire le café
Ce jour la descendant la grande rue , il voit deux allemands sur chaque trottoir , écouteurs aux oreilles .
Il arrive très vite à Saint Martin et demande «  Tu n’as rien içi ? « 
Edouard répond «  Si « 
Aussitôt mon père monte au premier et demanda aux agents s’ils avaient des problèmes . Les agents racontèrent qu’ils étaient en train d’émettre vers l’Angleterre et qu’ils avaient été captés par un avion allemand . Bien qu’ils aient coupé leur émission l’avion survola )plusieurs fois le secteur
Un cheval fut attelé dans la minute à un tombereau ,les agents cachés sous les couvertures montèrent dans le tombereau avec le matériel recouvert de paille Ils furent emmenés dans la campagne de Champ Gérard qui était très boisée à l’époque
Bien que n’ayant rien trouvé les allemands arrétèrent une dizaine de personnes qui habitaient dans le secteur repéré ; Après interrogation elles furent relâchées . L’occupant ne trouva jamais l’emplacement de l’émetteur Pourtant les personnes arrêtées habitaient à 200 mètres du 30 rue Saint Martin

Le "comité de réception" Tessier apporta en 1945 le témoignage suivant " Notre cache d'armes avait été découverte prés de Tanville ... Le 12 Juin 1944 J'apprends que le maire de Tanville Monsieur Olivier avait été fusillé ainsi que son voisin Monsieur Laudrin . Je traverse la forêt d'Ecouves du 12 au 15 Juin et je vais m'installer chez le brigadier Renault à proximité du terrain " Goudron ,"situé sur la commune de Radon . En quelques jours toute liaison est rétablie avec le BOA . Nous coupons le téléphone à l'entrée de la forêt , coté Sud
Comme le territoire de " Goudron " devenait inhospitalier pour nous ,notre repaire est reporté vers Vingt Hanaps où nous passons notre dernier message " Défendu d'ouvrir la porte "
Je pars à travers bruyères et bois ....Marche pénible . Il faut éviter les cantonnements boches . Je savais que la maquis était faible en effectif et il fallait allumer les quatre feux réglementaires pour les signaux ( signaux identifiant le lieu de parachutage ) .Trempés jusqu'aux os nous attendons pendant quatre nuits ... rien ....La raison est que nous nous trouvions dans la ligne des passage des bombardiers allemands .(En fait il s'agissait des chasseurs allemands stationnées à Lonrai ,Semallé ...).. Aucune opération n'était donc possible
Rentrés à Vingt Hanaps j'apprends au village que nous étions dénonçès .On repart en forêt et l'on s'installe dans les Sauvagères au pied des rochers "
Il y avait donc deux terrains à proximité de Larré le terrain "Goudron" et celui de vingt Hanaps ,rapidement improvisé ? 

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