Ce 4 juillet 1943 ndependence day Deux B17 abattus a Sees ( Belfonds) et la Coulonche

(Meeting a BELFONDS en juillet 1996    John  Carah ,Melle Collet, Roger Cornevin-Hayton( (photo joel huard )
John Carah pilote de la forteresse abattue a la Coulonche le 4 juillet 1943
B17
Eclats du B17 ( forteresse volante ) abattu a la Bud Owen RouteCoulonche le 4 juillet 1943

Francis Owens mort de froid lors du passage des Pyrenées Sa plaque d' identité a été remise à sa famille
Plaque d' identité de Francis OWENS
Mac Connel et Howell seront cachés au chalet du brouillard  dans le centre de Domfront


DE gauche a droite Paul MAC CONNEL navigateur Olaf BALLINGER pilote Georges WILLIAMS  bombardier et john CARAH  copilote 
Lors de l 'évacuation de la forteresse le parachute de georges Williams se déclencha a  l intérieur de l 'avion et il ne put avoir la vie sauve 


le pilote Olaf Balinger est revenu sur les lieux du crash
Extraits du document de André Rougeyron " agents d évasion "
l avion s est écrasé dans une prairie a 4 km au nord de "l'Ermitage" dans une prairie Bientôt de nombreux camions déversent  de nombreux soldats a la recherche de  l'équipage






Owens et Ballinger cachés par la famille Geslin



Ce meme jour, meme heure alors que nous sommes présents sur le stade des Ormeaux à Sées une forteresse volante " Nymokimi"poursuivie par un chasseur allemand s écrase à  Belfonds  ( voir )







HACKLEY parachute en flammes s 'écrase au val 
d 'enfer à Belfonds

IRVIN  bloqué dans la tourelle avant s'écrase  à





photos rpho       phPhotos Roger Cornevin Hayton prises deux jours aprés le crash du B17   ( les seules photos existantes de l ' épave )  



le chalet du brouillard

uillard abrita pendant plus de 500 jours aviateurs anglais et américains Ce 

 Lien vers l'album  commenté "Belfonds la Philippière" 


décrit le crash de Belfonds ( même jour , même heure )





Le village de la Coulonche au nord de Juvigny sous Andaine connaissait à la même heure le même drame, et la forteresse volante pilotée par les lieutenants Olaf Bollinger et John Carah subissait le même sort en s'écrasant au "Val de vée" en forêt d'Andaine. John Carah: "Je n'avais pas réalisé que nous n'avions plus d'oxygène et que deux mitrailleurs avaient été tués lors de l'attaque de la chasse allemande. Le gouvernail de profondeur était alors bloqué et l'avion impossible à piloter. Je sautais en me souvenant du massacre d'Antwerp où les parachutistes avaient été pris pour cible par la chasse allemande lors de leur descente en parachute. Devant l'issue de secours je rencontrais le lieutenant Williams affolé, parachute déployé dans les bras... Je lui dis de sauter à tout prix, mais il refusa. Grosse émotion ! Lors de la descente, un chasseur simulant une attaque, fonça sur moi et j'eus l'une des grandes peurs de ma vie... Je vis alors notre forteresse partir en vrille alors que je scrutais désespérément le sol pour découvrir enfin un verger planté de pommiers. Je réussissais de justesse à éviter la fourche d'un arbre. Dissimulé dans les bois pendant sept heures, ,je  surveillais les abords et les allées et venues d'une ferme, avant de prendre le risque de me présenter au fermier. Une carafe renfermant un liquide clair attira mon attention... Assoiffé, j'engloutis un verre de calvados... que j'avais pris pour de l'eau ! "   

L'équipage aura à déplorer trois victimes, les deux mitrailleurs de sabord tués en vol et le lieutenant Williams qui désespéré, se décidera à sauter mais trop prés du sol. Pourquoi a t il attendu si tardivement ? Se souvenant l'avoir vu surgir au dernier moment de la trappe avant ,juste avant l'explosion au sol, John Carat aujourd'hui se pose encore la question... 

Deux membres de l'équipage seront faits prisonniers avant de connaître les "stalag Luft " réservés aux aviateurs alliés. 


JOHN CARAH  m ' a   adressé son rapport d évasion  Lien vers l'album photo commenté "Belfonds la Philippière"
Pris en charge par un jeune guide,NOMME dANIEL cHEVRIER  conseillé par un réseau de résistance structuré, John Carat partira vers la Suisse après avoir été hébergé prés de Lassay, dans la Mayenne, par la famille Breteau. Muni d'une fausse carte d'identité au nom de Jacques Dupont, représentant de commerce, il empruntera avec ses compagnons tous les moyens de locomotion disponibles en cours de route: train, autocar, camion des camps de jeunesse de Pétain, auto-stop. Finalement c'est une  marche forcée au travers des bois de sapins, poursuivi par les chiens des patrouilles chargées de surveiller la frontière. S'offrant le luxe d'un taxi compatissant, notre petit groupe atteindra Berne incognito, via les rives verdoyantes du lac de .....LORS DE NOTRE P2RIPE NOUS AVONS ENTENDU UNE PATROUILLE ALLEMANDE AVEC DES CHIENS SI BIEN QUE JOHN CARAH  AVAIT PRIS UN COUTEAU POUR DE D2FEDRE PAR ENDROIT J AVAIS 2GALEMENT PRIS UN PEU DE POIVRE POUR BROUILLER NOTRE PISTE  POUR ËTRE PLUS LIBRE J AI BALAN92 MA VALISE ET CELA DANS LA NUIT NOIRE  NOUS AVONS MARCH2 TOUTE LA NUIT ET AU PETIT MATIN NOUS AVONS PASS2 LES POTEAUX FRONTI2RES SU? NOUS AVOND DONC REBROUSSé CHEMIN ET PASS2 AUDESSUS DE LA VILLE DE LOCLE E SUISSE ET QUE PAR PRUDENCE NOUS AVONS CONTOURNE

The Breteau Family Farm, Lassey, Mayenne, France
Neufchâtel. 

Le  séjour de John Carat dans une relative liberté helvétique ne pouvait durer, il prend le risque de quitter la neutralité Suisse pour tenter à nouveau le passage de la frontière... mais vers la France occupée. Incarcéré par la gestapo avec ses compagnons d'aventures, il est délivré sans coup férir par la résistance locale après un vif échange de coups de feu. John atteint l'Espagne complètement épuisé, après un passage laborieux des Pyrénées. Enfin, il distingue au loin les lumières de Figueras !

Nous retenons une dernière réflexion dans son témoignage de pilote secouru par des aides bénévoles et membres de la résistance . "J'en profite pour manifester mon admiration sans limites et ma gratitude aux membres des différents mouvements de la résistance française. A chaque heure de la journée, ils ont risqué leur vie afin qu'un grand nombre d'aviateurs abattus puisse retourner au combat et peut être écourter la durée de la guerre "  UN jeune apprenti daniel chevrier boucher de son état prit courageusement en charge john carah désireux derejoindre le territoire suisse



Une autre épopée attachée à ce crash de la Coulonche, celle du pilote Olaf Bollinger. A la traîne, en raison de son extrême état de fatigue, il ne peut suivre le rythme imposé par ses compagnons de route. Ainsi échappera t il de justesse au sort de ces derniers, pris dans une embuscade. Dans l'aube blafarde qui illumine les contreforts des Pyrénées c'est un homme épuisé et dépenaillé qui atteint les premières habitations du territoire d'Andorre.  Animé par la volonté d'arriver au but coûte que coûte, il prend un repos salutaire dans un village qui semble ignorer les tourments de la guerre. Il affrontera alors les premiers cols de la chaîne des Pyrénées, sous le regard méfiant d'une escorte de contrebandiers transportant des balles de tabac. Captivité franquiste provisoire à Manressa avant d'atteindre le Consulat britannique et enfin Gibraltar le 4 Décembre soit exactement 5 mois après la date du crash de la Coulonche.

De gauche à droite: McConnell le navigateur, Bollinger le pilote, Williams parachute ouvert dans l'avion, John Carah le copilote.

Un chasseur ennemi à son actif, Paul MConnell sera  secouru par un forestier dans les bois de le forêt d'Andaine. Traqué il aura quelques jours de répit à "l'Ermitage" château situé au nord de Juvigny sous Andaine  avant d'être récupéré par André Rougeyron. C'est l'occasion inespérée pour lui de retrouver un autre rescapé William Howell.  

 

 photos " agents d évasion " remises par André Rougeyron


      

Le jeune  mitrailleur Howell, hâtivement habillé en boy scout avec béret basque pour les besoins de la cause arrivera au "chalet du brouillard" en voiture légère attelée, portant un panier à légumes. Le calvados aidant, il supportera sans broncher l'extraction des éclats de shrapnells plantés dans son dos.  

Crash du B 17 au Val de Vée le 4 Juillet 1943 .Traduction et Notes de Roger Cornevin -Hayton . Villepreux le 20 Juin 1998 .

Rapport d'évasion de Olaf Ballinger ,chef de bord du B 17 (Source Military Intelligence Service )
John Carah ,autre rescapé et évadé était le copilote de ce même équipage

Nom de l'évadé : Olaf M Ballinger 1st LT 0736459 ,533 Bomb SQ ,381 Bomb Gp (H) Canadien habitant l'Ohio 24 ans
Date de l'interview 4 Décembre 1943

" J'ai atterri à environ 2 Kilométres au Sud Est du village de la Coulonche ( Orne ) le 4 Juillet 1943 .
Le débarras dans lequel j'étais caché semblait appartenir à une famille composée de deux hommes plutôt jeunes , d'un vieil homme , et d'un couple de dames âgées .
Environ à 4 Heures ,un jeune Français qui parlait un peu l'Anglais et un homme plus âgé nous conduisirent ,accompagné du sergent Owens ,loin de l'endroit où l'avion était tombé ,vers la grange d'une ferme déserte .
Nous sommes restés içi plusieurs nuits et nos hébergeurs dont j'ignore les noms nous apportérent quelque nourriture . (Verger ? ajouté dans la marge ,peut être est ce le nom de l'hébergeur ? Verger était instituteur d'aprés une photo parue dans l'ouvrage "Clandestinités " d'André Mazeline )

La nuit du 4 Juillet ,un homme âgé nous conduisit à André Mazeline (1) ,instituteur à Saint Opportune et sergent dans l'organisation ( de la résistance ) . Tous ensemble , avec le fermier chez qui nous étions hébergés (à 16 kilométres au nord ),nous avons atteint la ferme d'André Geslin (2) à minuit ,aprés cinq heures de marche .
Aprés environ deux mois passés dans le grenier de la grange , nous avons alors préparé un plan d'évasion mais celui çi échoua . Quelques revues et livres en langue anglaise nous avaient été donnés .
J'ai alors rencontré une jeune femme qui parlait assez bien l'anglais ,Simone Viel (3 )de la Ferté Macé .Son pére(4) était supposé être le responsable de l'organisation dans laquelle nous étions .Elle avait hébergé le mitrailleur arriére ( Sergent Howell )(5 ),ensuite celui ci partit vers Domfront retrouver le navigateur ( Lt Mac Connel )(6) avant leur départ pour Paris . Elle prit quelques photos et nos mensurations , afin de nous vêtir en civil et apporta à chacun de nous un costume retouché et adapté à nos tailles.

Le 28 Août , une jeune fille parlant anglais et un homme appartenant à l'organisation prit contact avec l'organisation de Paris .Nous sommes partis avec eux accompagnés d' un homme nommé André Rougeyron (7), vers Champsecret dans une sorte de guimbarde . Nous y sommes restés du 29 au 31 Août . André Rougeyron ,un jeune fermier Français (8 )et sa femme nous accompagnérent à bicyclette à l'endroit où l'avion était tombé (9). Les allemands avaient emporté les piéces qui les interessaient mais laissé les morceaux les plus importants . Rougeyron me donna quelques détails sur le dépot de gaz mentionné dans l'apendix B .

Le 31 Août nous sommes restés dans les environs de la gare de Flers jusqu'au moment où nous avons rencontré un homme portant des lunettes aux épaisses montures d'écaille . C'était un professeur de l'école de filles de Flers ,Notre Dame (10 ) . Nous sommes restés cachés dans l'école .
Juste avant la tombée de la nuit nous avons à nouveau rencontré l'homme aux lunettes et Rougeyron . Ils nous firent connaitre un autre André ( 11 ) qui devait nous conduire à Paris . Il parlait l'anglais et était allé aux Etats Unis . Nous sommes allés ensuite au domicile du professeur et à environ 23 heures 30 à la gare , pour prendre un train à destination de Paris qui arrivera à 05.00 heures le 1er Septembre . Tout le long du trajet ,nous avons voyagé debout . Nous avions déjà reçu des papiers d'identité par la même occasion . Cet André était lieutenant dans son organisation . Il nous emmena à l'endroit où il il avait l'habitude de rester . Ce même aprés midi il nous conduisit ensuite à la gare pour rencontrer deux jeunes garçons ,Raoul et un autre André . Ceux çi nous conduisirent chez Lucienne Lamort 228 rue du marché Le Vésinet Seine et Oise . Nous ne sommes jamais sortis de cette maison durant ce dernier séjour ."

Notes personnelles (Source "Agents d'évasion " d' André Rougeyron )

(1) Le rôle d'André Mazeline fut capital dans l'organisation de la clandestinité dans l'Orne . Il était né le 8 Avril 1915 au Ménil Brout (Orne ) où son pére était instituteur . Il devint l'adjoint de Daniel Desmeulles chef départemental des F.F.I. auquel il succéda le 14 Juin 1944 .( Ref Clandestinité )
Son frére Jean instituteur , m'enseigna l'Anglais et la géographie au cours complémentaire de Sées d'Octobre 1942 à Juin 1943 ,avant d'entrer lui même dans la clandestinité et prendre des responsabilités dans le cadre du B.O.A. sous la direction d'Edouard Paysant

(2 ) André Geslin ancien marin et prisonnier évadé ,habitait une ferme à Saint Opportune . Dans le cadre de l'organisation mise en place par André Rougeyron ,Il hébergea de nombreux aviateurs alliés et facilita leur évasion .

(3 ) Simone Viel ,24 ans ,professeur , fille du capitaine Viel et membre de son maquis . Arrêtée à Ligniéres la Doucelle (Mayenne ) avec Daniel Desmeulles (Mayenne ) lors de l'attaque du maquis par la Gestapo et les miliciens Français . Déportée à Ravensbruck et rapatriée le 17 Mai 1945 .
Fille de Viel Marcelle institutrice à le Ferté Macé ,arrêtée dans la Mayenne et ensuite déportée à Ravensbruck .Libérée le 1er Mai à Schwerin ( Ref : Les 500 déportés de l'Orne Conseil général de l'Orne )

(4) Chef de réseau dans la résistance

(5 ) et (6 ) Sergent mitrailleur rescapé avec Olaf Bollinger du crash de la forteresse au Val de Vée ce 4 Juillet 1943 . Blessé ,il fut ,hébergé par André Rougeyron au "Chalet du Brouillard " à Domfront , avec le lieutenant navigateur Mac Connel appartenant au même équipage .

(7 )André Rougeyron a aidé personnellement , à l'évasion de cinquante aviateurs aprés les avoir en partie hébergés au "Chalet du brouillard " situé en plein centre de Domfront .( Ref Agents d'évasion de André Rougeyron )
Ingénieur expert en mécanique à Domfront .
Enfermé dans une cellule du chateau des Ducs avec d'autre résistants du département dont Jean Mazeline et Albert Frémiot ,sagiens que j'ai bien connus .
André Rougeyron fut déporté à Buchenwald . Il s'évada de Celle le 3 Avril 1945 .

(8 ) En fait il s'agissait de Mr et Mme Bourgoin ,habitant le pavillon de garde et gérants du chateau de l'Ermitage .
Bollinger et Owens y séjournérent du 28 au 31 Août 1943 .
Une photo les représente dans l'ouvrage fort détaillé d'André Rougeyron page 33 .
Debout :Owens Ballinger ( chef pilote ) assis Mr et Mme Bourgoin , Melle Vautier

Le 29 Août tous se rendirent sur les lieux du crash ,au Val de Vée ( chêne du Val )pour examiner les débris de la forteresse et prendre ....quelques photos .
Les Bourgoin appartenaient au service d'évasion constitué par André Rougeyron avec Viel de la Ferté Macé , Pépin de la Sauvagére ,Melle Vautier à Champsecret Havas et Fautrel de Flers ,Geslin de Sainte Opportune , Guesdon de la Baroche
( Ref Agents d'évasion )

(10 ) Il s'agit peut être de Havas ,enseignant à notre dame de Flers ?


Suite du témoignage de Olaf Ballinger

" Le 25 Septembre ,Raoul et Andre , nous emmenérent à Paris chez la soeur et le beau frére de Mme Lamort 26 ou 30 Boulevard Bessiéres .Deux américains John.... et Robert m'avaient devancé la semaine précédente . Une vieille nurse anglaise , yeux bruns et cheveux bruns nous rendit visite .( L'adresse était peut être 123 boulevard Berzelies ,je ne sais comment l'épeler , comme vous pouvez le constater ).Le lieutenant Harold Bailey était caché pas trés loin de notre domicile . Vers le 26 Septembre il partit chez les Normand où il passa environ une semaine .

Le 3 Octobre nous étions hébergés chez Madame Rospape ,une anglaise mariée à un Français . .Içi nous avons rencontré à nouveau Bailey . Bill Plaskit était présent lorsque nous sommes arrivés . Nous avons alors rencontré Keith Murray et Charles Hoover ( E&E 196 ,195 ,) qui vivaient là en compagnie de Fran...un cousin de Mme Rospape . Deux autres garçons étaient avec Murray et Hoover .

Le 17 Octobre Melle Andrée et un américain Bob ...étaient ramassés par la Gestapo . Une jeune allemande vivant dans l'appartement du dessous l'avait dénoncée .Cette information nous avait été donnée par des amis des Rospape . Une jeune fille vint nous avertir ,et huit parmi nous furent envoyés à l'écart dans un hotel .
Le jour aprés ,nous étions conduits au domicile d'une serveuse qui travaillait pour Francis où Murray était resté .. La nuit du dimanche ,Plasket et Bailey vinrent nous rejoindre . Deux garçons quittérent Paris ce jour et je n 'ai plus entendu parler d'eux ensuite .

Le 20 Octobre six parmi nous ,étions conduits à la gare où nous avons pu rencontrer l'homme qui devait nous faire quitter Paris .
Le major Borren ( E&E 194 ) était à la gare . Partant de là j'ai accompagné Murray et Hoover ( E&E 196 ,195 ) . Nous partions alors pour Toulouse où nous avons passé la nuit dans un garage et pris un train pour Boussons ( ?) le 21 Octobre . A Saint Girons ,nous passions la nuit dans un hotel , pris un bus le matin pour Massat et notre marche a commençé .Il y avait sept américains et six Français incluant le guide .
Ce même soir nous étions hébergés dans une ferme et ensuite dans une grange où nous avons pu nous restaurer et dormir jusqu'au jour suivant ..
A 14.00 heures ,les 12 autres arrivérent mais me laissérent en arriére , estimant que j'allais ralentir leur marche .
Je reconnais que j'étais plutôt ,en état de faiblesse . Ils me dirent que le même guide viendrait me prendre dans 10 jours . Je songeais alors à bien m'entrainer pour affronter les pentes de la montagne .

Le 29 Octobre ,le vendredi suivant, le fermier Français vint me trouver pour me dire que le reste de l'équipe avait été fait prisonnier par les allemands et que je devais partir en raison du nombre d'allemands séjournant dans la région.

Le mardi 26 Octobre (juste avant ce vendredi 29 ) la femme du fermier vint m'apporter à manger et m'informa qu'une dizaine d' allemands allait venir , m'obligeant ainsi à me cacher dans les bois .Je suis donc resté caché dans les bois , sous la pluie ,toute la journée .
Je pensais que l'on viendrait me chercher pour me ramener à la ferme .
A la nuit tombante ,je retournais à la grange et comme personne ne se manifestait , je me suis étendu , dans une haie ,en frissonnant toute la nuit .
La nuit suivante ,comme il n'y avait personne dans les environs je retournais dans les bois . Je revins à midi et restais caché dans les buissons alentour prés de la grange . La fermiére m'apporta quelque nourriture en m'informant que les allemands étaient partis la veille .
Le samedi matin 30 Septembre ( Np.il s'agirait plutôt ...du 30 Octobre )je commençais à marcher dans une direction que je supposais être l'Espagne . Je n'avais pas de boussole mais je m'orientais d'aprés le soleil .Je traversais Aussat et je faisais en sorte de rester sur les routes me conduisant vers le Sud ,passant devant un panneau de signalisation marqué "Chemin Privé " ( ?) . J'arrivais à un endroit où une fourche conduisait à différents villages .Une piste se dirigeait vers la colline .Je demandais à un vieil homme infirme dans quelle direction se trouvait l'Espagne . Il m'indiqua la direction d'Andorre ,et au loin la direction vers l'Espagne ,en me précisant que la frontiére était à quatres heures de marche . Je pris donc cette piste .
Entre 17. 30 et 18.00 heures ,j'atteignais donc le sommet de l'intersection . Je pouvais distinguer des pics dont l'altitude n'était pas inférieure à mille pieds ,aussi élevés que ceux prés desquels je me trouvais .( N.P. En fait en Andorre ,on note plusieurs pics dont l'altitude excède plus de 2000 métres dont le mont Pedrosa 2948 métres ,).Je marchais ainsi dans la neige , passant deux heures à monter et deux heures et demi à descendre .La nuit tomba vers 18.30 heures . Une demi heure plus tard ,j'étais enfin sorti des endroits enneigés mais ne pouvais rester sur la piste ,et je devais surtout m'arrêter . Je me suis reposé sous un pin ,toute la nuit .Lorsque le jour commença à poindre à 06.45 heures environ je repartis sur la piste . .A 09.00 heures je rencontrais les premiéres maisons en Andorre . J'ai demandé à manger et enfin reçu la premiére nourriture depuis deux journées.
.Je traversais la ville d'Andorre . Alors que je me dirigeais vers Saint Julien(certainement Sant Julia de Loria ) à environ 4 miles de la frontiére espagnole ,un cycliste venant en sens opposé revint vers moi et me dit que je n'avais plus de fond à mon pantalon .Il m'emmena à l'hotel principal , me nourrit et me prépara un séjour avant d'atteindre l'Espagne .
Je restais donc dans cet hotel du 21 Octobre au 2 Novembre .
Je quittai Andorre avec un groupe de six Espagnols (certainement des contrebandiers ....) qui transportait du tabac vers l'Espagne . Ils portaient 50 livres de ballots de tabac ,mais j'avais beaucoup de peine à m'entretenir avec eux . Nous avons marché toute la nuit et les deux jours suivants ,de ferme en ferme .
Le 6 Novembre à 06 .00heures nous étions à mi chemin de Barcelone .
Le 8 Novembre ils me conduisirent dans un village et s'arrangérent pour que je puisse attraper un train de marchandises à destination de Mauressa . Cinq minutes avant le départ du train ,les gardes civils me capturérent et me conduisirent en prison à Manressa et ensuite à la préfecture de police de Barcelone . Je leur racontais que j'étais un prisonnier allemand comme on m'avait conseillé de le dire .
Deux semaines aprés j'étais à Barcelone .Je quittai ensuite cette ville pour Alama , Madrid et Gibraltar . "


Note de O.Ballinger : Je pense que Raoul ,comme mentionné ci dessus fut dénonçé avec la totalité des gens avec lesquels, il opérait . Madame Marie était la responsable de l'organisation de Paris avec laquelle Madame Mouspape ... était en relation . Elle avait environ 33 ans


Note ( Ecrite par le lieutenant Ballinger )

"Le lieutenant Harold Bailey et le sergent Williams ( Bill ) Plaskett étaient les deux hommes laissés dans les Pyrenées avec le sergent Francis E. Owens . Je pense qu'ils sont tous morts suite aux intempéries . Les trois autres américains qui se trouvaient avec ce groupe étaient le major Bowen ( orthographe ? ...)le premier lieutenant Keith Murray et le second lieutenaant Charles Hoover .
Je l'ai appris par un américain rencontré à Paris , prénommé Bob mais j'ignorais son nom de famille . Il a été ramassé par la gestapo le 24 Octobre avec un guide Français nommé André avec lequel il était resté . . Il mesurait environ 5 pieds 10 pouces pesait 140 livres ,les cheveux bruns coupés courts et les yeux bruns . Il avait amerri en catastrophe dans la Manche .J'ai pu l'identifier à partir d'une photo ."

Info Jacques Leroux( Juin 1998 )
Le sergent Francis Owens ,mitrailleur du B17 de la Coulonche serait décédé le 25 Novembre 1943 et inhumé au cimetiére de Neuville en Coudroye ( Voir orthographe ...) Ardennes Belgique Voir Mortual Affairs pour connaitre les causes du décés

Compilation par D.E.Emerson
1 st LT , Aub


Aprés avoir été hébergés à l'institution Notre Dame dont Madame Boschet était la directrice ,Olaf Ballinger et Francis Owens quittent Flers ensemble à destination de Paris par le train de 23.20 heures ,ensuite ils se séparent ... (Ref Agents d'évasion A.R. )


Ref John Carah ( 3070 Stanford Lane El Dorado Hills ,California 95762 )dans sa lettre du 12 Juillet 1998 me précise que le sergent O wens avait été tué d'une balle dans le dos par un garde frontiére allemand .
Comme on le sait le parachute du lt Williams s'était ouvert intempestivement ,dans l'avion . De ce fait il retarda volontairement ,au maximum ,le saut qui aurait pu le sauver .Juste avant de se poser en parachute ,Carah remarqua ,la silhouette de Williams surgir au dernier moment de la porte avant de la forteresse .
Les sergents Lane et Cronsal revinrent des camps de prisonniers dés la libération et entamérent une nouvelle carriére .
Olaf Bollinger déçéda prématurément à l'âge de 35 ans en 1955

Crash du B 17 au Val de Vée le 4 Juillet 1943 .Traduction et Notes de Roger Cornevin -Hayton . Villepreux le 20 Juin 1998 .

Rapport d'évasion de Olaf Ballinger ,chef de bord du B 17 (Source Military Intelligence Service )
John Carah ,autre rescapé et évadé était le copilote de ce même équipage

Nom de l'évadé : Olaf M Ballinger 1st LT 0736459 ,533 Bomb SQ ,381 Bomb Gp (H) Canadien habitant l'Ohio 24 ans
Date de l'interview 4 Décembre 1943

" J'ai atterri à environ 2 Kilométres au Sud Est du village de la Coulonche ( Orne ) le 4 Juillet 1943 .
Le débarras dans lequel j'étais caché semblait appartenir à une famille composée de deux hommes plutôt jeunes , d'un vieil homme , et d'un couple de dames âgées .
Environ à 4 Heures ,un jeune Français qui parlait un peu l'Anglais et un homme plus âgé nous conduisirent ,accompagné du sergent Owens ,loin de l'endroit où l'avion était tombé ,vers la grange d'une ferme déserte .
Nous sommes restés içi plusieurs nuits et nos hébergeurs dont j'ignore les noms nous apportérent quelque nourriture . (Verger ? ajouté dans la marge ,peut être est ce le nom de l'hébergeur ? Verger était instituteur d'aprés une photo parue dans l'ouvrage "Clandestinités " d'André Mazeline )

La nuit du 4 Juillet ,un homme âgé nous conduisit à André Mazeline (1) ,instituteur à Saint Opportune et sergent dans l'organisation ( de la résistance ) . Tous ensemble , avec le fermier chez qui nous étions hébergés (à 16 kilométres au nord ),nous avons atteint la ferme d'André Geslin (2) à minuit ,aprés cinq heures de marche .
Aprés environ deux mois passés dans le grenier de la grange , nous avons alors préparé un plan d'évasion mais celui çi échoua . Quelques revues et livres en langue anglaise nous avaient été donnés .
J'ai alors rencontré une jeune femme qui parlait assez bien l'anglais ,Simone Viel (3 )de la Ferté Macé .Son pére(4) était supposé être le responsable de l'organisation dans laquelle nous étions .Elle avait hébergé le mitrailleur arriére ( Sergent Howell )(5 ),ensuite celui ci partit vers Domfront retrouver le navigateur ( Lt Mac Connel )(6) avant leur départ pour Paris . Elle prit quelques photos et nos mensurations , afin de nous vêtir en civil et apporta à chacun de nous un costume retouché et adapté à nos tailles.

Le 28 Août , une jeune fille parlant anglais et un homme appartenant à l'organisation prit contact avec l'organisation de Paris .Nous sommes partis avec eux accompagnés d' un homme nommé André Rougeyron (7), vers Champsecret dans une sorte de guimbarde . Nous y sommes restés du 29 au 31 Août . André Rougeyron ,un jeune fermier Français (8 )et sa femme nous accompagnérent à bicyclette à l'endroit où l'avion était tombé (9). Les allemands avaient emporté les piéces qui les interessaient mais laissé les morceaux les plus importants . Rougeyron me donna quelques détails sur le dépot de gaz mentionné dans l'apendix B .

Le 31 Août nous sommes restés dans les environs de la gare de Flers jusqu'au moment où nous avons rencontré un homme portant des lunettes aux épaisses montures d'écaille . C'était un professeur de l'école de filles de Flers ,Notre Dame (10 ) . Nous sommes restés cachés dans l'école .
Juste avant la tombée de la nuit nous avons à nouveau rencontré l'homme aux lunettes et Rougeyron . Ils nous firent connaitre un autre André ( 11 ) qui devait nous conduire à Paris . Il parlait l'anglais et était allé aux Etats Unis . Nous sommes allés ensuite au domicile du professeur et à environ 23 heures 30 à la gare , pour prendre un train à destination de Paris qui arrivera à 05.00 heures le 1er Septembre . Tout le long du trajet ,nous avons voyagé debout . Nous avions déjà reçu des papiers d'identité par la même occasion . Cet André était lieutenant dans son organisation . Il nous emmena à l'endroit où il il avait l'habitude de rester . Ce même aprés midi il nous conduisit ensuite à la gare pour rencontrer deux jeunes garçons ,Raoul et un autre André . Ceux çi nous conduisirent chez Lucienne Lamort 228 rue du marché Le Vésinet Seine et Oise . Nous ne sommes jamais sortis de cette maison durant ce dernier séjour ."

Notes personnelles (Source "Agents d'évasion " d' André Rougeyron )

(1) Le rôle d'André Mazeline fut capital dans l'organisation de la clandestinité dans l'Orne . Il était né le 8 Avril 1915 au Ménil Brout (Orne ) où son pére était instituteur . Il devint l'adjoint de Daniel Desmeulles chef départemental des F.F.I. auquel il succéda le 14 Juin 1944 .( Ref Clandestinité )
Son frére Jean instituteur , m'enseigna l'Anglais et la géographie au cours complémentaire de Sées d'Octobre 1942 à Juin 1943 ,avant d'entrer lui même dans la clandestinité et prendre des responsabilités dans le cadre du B.O.A. sous la direction d'Edouard Paysant

(2 ) André Geslin ancien marin et prisonnier évadé ,habitait une ferme à Saint Opportune . Dans le cadre de l'organisation mise en place par André Rougeyron ,Il hébergea de nombreux aviateurs alliés et facilita leur évasion .

(3 ) Simone Viel ,24 ans ,professeur , fille du capitaine Viel et membre de son maquis . Arrêtée à Ligniéres la Doucelle (Mayenne ) avec Daniel Desmeulles (Mayenne ) lors de l'attaque du maquis par la Gestapo et les miliciens Français . Déportée à Ravensbruck et rapatriée le 17 Mai 1945 .
Fille de Viel Marcelle institutrice à le Ferté Macé ,arrêtée dans la Mayenne et ensuite déportée à Ravensbruck .Libérée le 1er Mai à Schwerin ( Ref : Les 500 déportés de l'Orne Conseil général de l'Orne )

(4) Chef de réseau dans la résistance

(5 ) et (6 ) Sergent mitrailleur rescapé avec Olaf Bollinger du crash de la forteresse au Val de Vée ce 4 Juillet 1943 . Blessé ,il fut ,hébergé par André Rougeyron au "Chalet du Brouillard " à Domfront , avec le lieutenant navigateur Mac Connel appartenant au même équipage .

(7 )André Rougeyron a aidé personnellement , à l'évasion de cinquante aviateurs aprés les avoir en partie hébergés au "Chalet du brouillard " situé en plein centre de Domfront .( Ref Agents d'évasion de André Rougeyron )
Ingénieur expert en mécanique à Domfront .
Enfermé dans une cellule du chateau des Ducs avec d'autre résistants du département dont Jean Mazeline et Albert Frémiot ,sagiens que j'ai bien connus .
André Rougeyron fut déporté à Buchenwald . Il s'évada de Celle le 3 Avril 1945 .

(8 ) En fait il s'agissait de Mr et Mme Bourgoin ,habitant le pavillon de garde et gérants du chateau de l'Ermitage .
Bollinger et Owens y séjournérent du 28 au 31 Août 1943 .
Une photo les représente dans l'ouvrage fort détaillé d'André Rougeyron page 33 .
Debout :Owens Ballinger ( chef pilote ) assis Mr et Mme Bourgoin , Melle Vautier

Le 29 Août tous se rendirent sur les lieux du crash ,au Val de Vée ( chêne du Val )pour examiner les débris de la forteresse et prendre ....quelques photos .
Les Bourgoin appartenaient au service d'évasion constitué par André Rougeyron avec Viel de la Ferté Macé , Pépin de la Sauvagére ,Melle Vautier à Champsecret Havas et Fautrel de Flers ,Geslin de Sainte Opportune , Guesdon de la Baroche
( Ref Agents d'évasion )

(10 ) Il s'agit peut être de Havas ,enseignant à notre dame de Flers ?


Suite du témoignage de Olaf Ballinger

" Le 25 Septembre ,Raoul et Andre , nous emmenérent à Paris chez la soeur et le beau frére de Mme Lamort 26 ou 30 Boulevard Bessiéres .Deux américains John.... et Robert m'avaient devancé la semaine précédente . Une vieille nurse anglaise , yeux bruns et cheveux bruns nous rendit visite .( L'adresse était peut être 123 boulevard Berzelies ,je ne sais comment l'épeler , comme vous pouvez le constater ).Le lieutenant Harold Bailey était caché pas trés loin de notre domicile . Vers le 26 Septembre il partit chez les Normand où il passa environ une semaine .

Le 3 Octobre nous étions hébergés chez Madame Rospape ,une anglaise mariée à un Français . .Içi nous avons rencontré à nouveau Bailey . Bill Plaskit était présent lorsque nous sommes arrivés . Nous avons alors rencontré Keith Murray et Charles Hoover ( E&E 196 ,195 ,) qui vivaient là en compagnie de Fran...un cousin de Mme Rospape . Deux autres garçons étaient avec Murray et Hoover .

Le 17 Octobre Melle Andrée et un américain Bob ...étaient ramassés par la Gestapo . Une jeune allemande vivant dans l'appartement du dessous l'avait dénoncée .Cette information nous avait été donnée par des amis des Rospape . Une jeune fille vint nous avertir ,et huit parmi nous furent envoyés à l'écart dans un hotel .
Le jour aprés ,nous étions conduits au domicile d'une serveuse qui travaillait pour Francis où Murray était resté .. La nuit du dimanche ,Plasket et Bailey vinrent nous rejoindre . Deux garçons quittérent Paris ce jour et je n 'ai plus entendu parler d'eux ensuite .

Le 20 Octobre six parmi nous ,étions conduits à la gare où nous avons pu rencontrer l'homme qui devait nous faire quitter Paris .
Le major Borren ( E&E 194 ) était à la gare . Partant de là j'ai accompagné Murray et Hoover ( E&E 196 ,195 ) . Nous partions alors pour Toulouse où nous avons passé la nuit dans un garage et pris un train pour Boussons ( ?) le 21 Octobre . A Saint Girons ,nous passions la nuit dans un hotel , pris un bus le matin pour Massat et notre marche a commençé .Il y avait sept américains et six Français incluant le guide .
Ce même soir nous étions hébergés dans une ferme et ensuite dans une grange où nous avons pu nous restaurer et dormir jusqu'au jour suivant ..
A 14.00 heures ,les 12 autres arrivérent mais me laissérent en arriére , estimant que j'allais ralentir leur marche .
Je reconnais que j'étais plutôt ,en état de faiblesse . Ils me dirent que le même guide viendrait me prendre dans 10 jours . Je songeais alors à bien m'entrainer pour affronter les pentes de la montagne .

Le 29 Octobre ,le vendredi suivant, le fermier Français vint me trouver pour me dire que le reste de l'équipe avait été fait prisonnier par les allemands et que je devais partir en raison du nombre d'allemands séjournant dans la région.

Le mardi 26 Octobre (juste avant ce vendredi 29 ) la femme du fermier vint m'apporter à manger et m'informa qu'une dizaine d' allemands allait venir , m'obligeant ainsi à me cacher dans les bois .Je suis donc resté caché dans les bois , sous la pluie ,toute la journée .
Je pensais que l'on viendrait me chercher pour me ramener à la ferme .
A la nuit tombante ,je retournais à la grange et comme personne ne se manifestait , je me suis étendu , dans une haie ,en frissonnant toute la nuit .
La nuit suivante ,comme il n'y avait personne dans les environs je retournais dans les bois . Je revins à midi et restais caché dans les buissons alentour prés de la grange . La fermiére m'apporta quelque nourriture en m'informant que les allemands étaient partis la veille .
Le samedi matin 30 Septembre ( Np.il s'agirait plutôt ...du 30 Octobre )je commençais à marcher dans une direction que je supposais être l'Espagne . Je n'avais pas de boussole mais je m'orientais d'aprés le soleil .Je traversais Aussat et je faisais en sorte de rester sur les routes me conduisant vers le Sud ,passant devant un panneau de signalisation marqué "Chemin Privé " ( ?) . J'arrivais à un endroit où une fourche conduisait à différents villages .Une piste se dirigeait vers la colline .Je demandais à un vieil homme infirme dans quelle direction se trouvait l'Espagne . Il m'indiqua la direction d'Andorre ,et au loin la direction vers l'Espagne ,en me précisant que la frontiére était à quatres heures de marche . Je pris donc cette piste .
Entre 17. 30 et 18.00 heures ,j'atteignais donc le sommet de l'intersection . Je pouvais distinguer des pics dont l'altitude n'était pas inférieure à mille pieds ,aussi élevés que ceux prés desquels je me trouvais .( N.P. En fait en Andorre ,on note plusieurs pics dont l'altitude excède plus de 2000 métres dont le mont Pedrosa 2948 métres ,).Je marchais ainsi dans la neige , passant deux heures à monter et deux heures et demi à descendre .La nuit tomba vers 18.30 heures . Une demi heure plus tard ,j'étais enfin sorti des endroits enneigés mais ne pouvais rester sur la piste ,et je devais surtout m'arrêter . Je me suis reposé sous un pin ,toute la nuit .Lorsque le jour commença à poindre à 06.45 heures environ je repartis sur la piste . .A 09.00 heures je rencontrais les premiéres maisons en Andorre . J'ai demandé à manger et enfin reçu la premiére nourriture depuis deux journées.
.Je traversais la ville d'Andorre . Alors que je me dirigeais vers Saint Julien(certainement Sant Julia de Loria ) à environ 4 miles de la frontiére espagnole ,un cycliste venant en sens opposé revint vers moi et me dit que je n'avais plus de fond à mon pantalon .Il m'emmena à l'hotel principal , me nourrit et me prépara un séjour avant d'atteindre l'Espagne .
Je restais donc dans cet hotel du 21 Octobre au 2 Novembre .
Je quittai Andorre avec un groupe de six Espagnols (certainement des contrebandiers ....) qui transportait du tabac vers l'Espagne . Ils portaient 50 livres de ballots de tabac ,mais j'avais beaucoup de peine à m'entretenir avec eux . Nous avons marché toute la nuit et les deux jours suivants ,de ferme en ferme .
Le 6 Novembre à 06 .00heures nous étions à mi chemin de Barcelone .
Le 8 Novembre ils me conduisirent dans un village et s'arrangérent pour que je puisse attraper un train de marchandises à destination de Mauressa . Cinq minutes avant le départ du train ,les gardes civils me capturérent et me conduisirent en prison à Manressa et ensuite à la préfecture de police de Barcelone . Je leur racontais que j'étais un prisonnier allemand comme on m'avait conseillé de le dire .
Deux semaines aprés j'étais à Barcelone .Je quittai ensuite cette ville pour Alama , Madrid et Gibraltar . "


Note de O.Ballinger : Je pense que Raoul ,comme mentionné ci dessus fut dénonçé avec la totalité des gens avec lesquels, il opérait . Madame Marie était la responsable de l'organisation de Paris avec laquelle Madame Mouspape ... était en relation . Elle avait environ 33 ans


Note ( Ecrite par le lieutenant Ballinger )

"Le lieutenant Harold Bailey et le sergent Williams ( Bill ) Plaskett étaient les deux hommes laissés dans les Pyrenées avec le sergent Francis E. Owens . Je pense qu'ils sont tous morts suite aux intempéries . Les trois autres américains qui se trouvaient avec ce groupe étaient le major Bowen ( orthographe ? ...)le premier lieutenant Keith Murray et le second lieutenaant Charles Hoover .
Je l'ai appris par un américain rencontré à Paris , prénommé Bob mais j'ignorais son nom de famille . Il a été ramassé par la gestapo le 24 Octobre avec un guide Français nommé André avec lequel il était resté . . Il mesurait environ 5 pieds 10 pouces pesait 140 livres ,les cheveux bruns coupés courts et les yeux bruns . Il avait amerri en catastrophe dans la Manche .J'ai pu l'identifier à partir d'une photo ."

Info Jacques Leroux( Juin 1998 )
Le sergent Francis Owens ,mitrailleur du B17 de la Coulonche serait décédé le 25 Novembre 1943 et inhumé au cimetiére de Neuville en Coudroye ( Voir orthographe ...) Ardennes Belgique Voir Mortual Affairs pour connaitre les causes du décés

Compilation par D.E.Emerson
1 st LT , Aub


Aprés avoir été hébergés à l'institution Notre Dame dont Madame Boschet était la directrice ,Olaf Ballinger et Francis Owens quittent Flers ensemble à destination de Paris par le train de 23.20 heures ,ensuite ils se séparent ... (Ref Agents d'évasion A.R. )


Ref John Carah ( 3070 Stanford Lane El Dorado Hills ,California 95762 )dans sa lettre du 12 Juillet 1998 me précise que le sergent O wens avait été tué d'une balle dans le dos par un garde frontiére allemand .
Comme on le sait le parachute du lt Williams s'était ouvert intempestivement ,dans l'avion . De ce fait il retarda volontairement ,au maximum ,le saut qui aurait pu le sauver .Juste avant de se poser en parachute ,Carah remarqua ,la silhouette de Williams surgir au dernier moment de la porte avant de la forteresse .
Les sergents Lane et Cronsal revinrent des camps de prisonniers dés la libération et entamérent une nouvelle carriére .
Olaf Bollinger déçéda prématurément à l'âge de 35 ans en 1955

"Le chalet du brouillard" en haut à gauche où de nombreux aviateurs furent cachés par André Rougeyron dans le jardin public de Domfront.
Une occasion se présente, Paul MConnell et William Howell tenteront leur chance tous deux par la filière bretonne. Mais l'opération d'évasion préparée à Quimper par la résistance locale, en coordination avec une vedette rapide et un sous marin de la flotte britannique au large d'Ouessant se transformera en échec. Le radio chargé des communications avec l'Angleterre avait été repéré et abattu. Ils devront faire toutefois contre mauvaise fortune bon cœur et retourner à Paris, dans l'attente  d'une seconde chance. Paul McConnell et William Howell finalement se sépareront  à contrecœur.  Howell continuera son chemin vers Perpignan avant d'être pris en charge par des guides peu scrupuleux qui le feront tourner en rond tout prés de la frontière avec ses compagnons d'évasion. Après les fêtes de Noël, la chance aidant, la traversée de la barrière Pyrénéenne est couronnée de succès. Gerona, Barcelone, Madrid et enfin le rocher de Gibraltar se dessine à l'horizon... Nous sommes en Février 1944 soit sept mois après la date du crash de La Coulonche. 
En désespoir de cause la Résistance se résout à acheminer le navigateur Paul Mac Connel par l'intermédiaire de la "ligne Comète". Organisation d'aide aux évadés où un patriote pratiquement pour chaque passage, payera son courage de sa vie. Le train jusqu'à Pau, une ferme basque avec un changement fréquent de guides. Une longue marche sans répit dans le froid avant d'atteindre épuisé une ferme espagnole. C'est ensuite un séjour dans une prison franquiste où une trentaine de prisonniers évadés, aviateurs rescapés, déserteurs allemands, attendront la bonne volonté des autorités espagnoles pour décider de leur sort.
C'est enfin l'accueil tant espéré de l' ambassade des États-Unis,  Gibraltar et enfin la dernière étape, l'Écosse et le retour aux États-Unis pour le 1er Mars 1944 soit un périple de huit mois depuis la date du crash de La Coulonche.   


McConnell, le navigateur
Owens, Bollinger (au centre) et la famille qui les herbergea.
Owens, le mitrailleur.

Le mitrailleur Owens rescapé, autre miraculé du crash du Val de Vée n'échappera pas à son destin. Après avoir été hébergé chez le fermier Geslain à St Opportune, il accompagnera Bollinger avant de s'en séparer. Son corps sera découvert dans la montagne et les raisons de son décès resteront mystérieuses. Les témoignages divergent...  abattu par un garde-frontières lors du passage des premiers contreforts des Pyrénées ou mort de froid suite aux intempéries. 
Paul McConnell, en blouson cuir et John Carah, avec la casquette bleu, lors de la cérémonie de Belfonds en 1999.

      

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