dimanche 4 décembre 2016

souvenir de vol MAURITANIE

  1955  Notre Sunderland  Escale à Port Etienne 
Arrivons de Port Lyautey( aujourdh'ui Kenitra )


Le phare Coppoloni et le cap Cansado sont en vue. Un appel de la tour de contrôle et notre hydravion se  pose  par un  vent de sable aveuglant  ,trainant un long sillage  d'écume   ,sur le  plan d'eau de Port Etienne battu par les alizés soufflant dans   la baie du Lévrier  
Carte du cap Blanc, aujourd'hui râs Nouâdhibou (1958)Un groupe de boscos de la marine nationale  s'agite en tous sens et nous indique l'emplacement de la  bouée d'amarrage . Hydroplanage ,  approche prudente  ,la bouée est prise sans coup férir ,par un membre de l'équipage muni d'une longue gaffe.   Exercice de routine pour un équipage entrainé.


Notre chaloupe accoste au vétuste appontement de bois , secoué par le ressac., planté au bord d'une longue gréve blanche où des barques délabrées et de vieux chalutiers achèvent de disparaitre,noyés par   une longue  coulée de sable 







,La bouée est prise sans coup férir ,par un membre de l'équipage muni d'une longue gaffe.  

 




Devant nous..... notre campement des années 50.....le vent et le sable




A une vingtaine de km au sud de Port Etienne tout au bout de la péninsule se dresse le phare du cap blanc pointe la plus avancée du continent saharien avant l' infléchissement de la côte vers le sud repère essentiel aux navigateurs
 C est ce cap qu 'a manqué la méduse dans la nuit du 1er au 2 juillet 1816 


Au delà 100 km plus bas s 'étend un vaste traquenard;..... des milliers de km 2   d un banc  de sable a peine immergé que les navires doivent à tout prix contourner par le large 











duse A marée haute ces bancs de sable sontinvisibles et présentant un réel dange pour le navigateur non averti

J ’ai  eu recours à mon  carnet de vol  jauni par le temps et bien rangé dans le fond d’un tiroir …je lis    20   séjours à Port Etienne et autant de survols de l’ile Tidra et des bancs d Arguin   Au cours de nos missions sur Port Etienne de 1955 à  1957  J’ai donc  survolé comme beaucoup d autres la  Mauritanie ,ses plages désertes , ses dunes , ses massifs rocheux  et enfin les bancs d Arguin  …Il m’était donc difficile de rester indifférent à la tragédie de  cette  frégate disparue dans la région au siécle dernier …..la  Méduse  tragédie reprise par les écrivains de l époque Et pourtant chaque jour en cours de vol ‘ aucun membre de l équipage  ne se posait  la question ignorant le drame qui s était déroulé le siécle précédent au large de cette région désertique
                                            Notre Sunderland amarré  à la bouée

Assailli par les mouettes ....!
Les maures  nous invitent sous leur tente pour un thé fort et sucré
Seul sur la planéte !


                                                                                                                                                  
Notre Survol journalier du Cap Blanc, promontoire rocheux et désolé sur fond de brume la baie du Lévrier  Plus désolé ,.plus stérile encore que le reste de la côte ... Pas le moindre buisson sur la côte sablonneuse ,pas le moindre relief que l'homme est en droit d'attendre du plus aride  des paysages ..et pourtant c'est le plus surprenant  refuge d'oiseaux marins de la planète ....mais c’est là aussi que nous  réalisons entre deux vols  les plus belles pêches en espérant que les requins ne viendront pas troubler notre quiétude de pêcheur amateur     



Distinguer en dessous de nous l’emplacement approximatif du naufrage c ‘était rechercher une aiguille dans une botte de foin…
 
En survolant ce lieu désertique ,de notre couche de  nuages   il nous est facile de distinguer sans efforts cette eau d'un vert profond qui s'éclairçit  lors de la présence d'un banc de sable effleurant  la surface de l'eau C'est   en effet le fameux banc d'Arguin, un immense banc immergé ,une plate forme sous marine située bien au large constamment recouverte d'eau... Une immensité d'eau de  faible profondeur à différents endroits cachant comme on le sait … un  gigantesque  piège aux marins non informés ..Ce sont les bancs de sable  ….’C est là que  la Méduse s’échoua un beau jour de 1816 


Le privilége de survoler cette région et de découvrir sous un ciel limpide les bancs d’Arguin  ,incite inévitablement à vouloir évoquer et comprendre les causes de ce drame

Inexpérience du capitaine ou cartes mal renseignées ? Le sujet a été largement traité !
Nous tentons quand même quelques approches radar ;;; Ne serait ce que pour évaluer  le point de ce  naufrage célébre ,mais rien ce jour  ,ne dissipera la part de mystere qui enveloppe cette disparition Face a cette terre aride la méduse s'est choisie la plus austère  des tombes , « les bancs d’Arguin » un immense plateau  à fleur d'eau ,vaste banc de sable ….qui émerge à marée basse ... quelque part au sud du cap Blanc par le travers de l'ile Tidra 

 Notons la position exacte du naufrage en 1816 que nous survolions pratiquement chaque jour dans le cadre de nos missions 
20 degrés de latitude nord 17 degrés west par le travers de l ile Tidra    ( 5 metres d'immersion environ  100  miles au sud de Port Etienne ( Nouadhibou) notre base d hydravion Sunderland


 
Sunderland ...décollage !!!!

Recherches de l 'épave de la méduse ( suite )


La réponse je la trouverai 50 années plus tard ….lors de la lecture de l’ouvrage d un remarquable explorateur des fonds marins jean yves Blot
Découverte de l’épave en 1980 .donc 25 ans aprés notre séjour à Port Etienne


Je fais référence à son ouvrage « Chronique d’un naufrage ordinaire «publié en 1980
Dans le cadre des moyens de recherches, l’exploration aérienne , le sonar que l on utilise dans nos escadrilles ,les sondeur à sédiments , le scanner à infra rouges apparaissaient d’emblée inutilisables
Restait le magnétométre à protons mis au point pendant la seconde guerre mondiale lors de la recherche d’un moyen de détection des sous marins en plongée et qui devait permettre de déceler les parties métalliques issues de l’épave et réparties sur une centaine de metres carrés
La chance sourit enfin à l’expédition , une anomalie magnétique de 1000 gammas est repérée puis confirmée ( reference faite à l ouvrage de jean yves Blot) Deux plongeurs confirment la présence d’une épave et revenus à la surface annoncent la présence sur le fond de canons de fer et de clous de cuivre L’enthousiasme est grand …. ce ne peut être que la Méduse

Jean yves Blot plonge à son tour dans une eau opaque et glauque La visibilité ne dépasse pas 1 mètre 50 et la profondeur est limitée à 5 ou 6 mètres
« Quelques herbes épaisses poussent ça et là …. une épave ancienne surgit….rongée par plus d’un siècle de séjour sous marin Des poissons hantent le
fond …..
les minutes passent interminables;;;

Soudain une voix jaillit du haut parleur , sa voix ressemble a un vol de perruches au dessus d ;un champ de tournesols...

Des noms fusent ....canons de fer ,clous de cuivre , la voix répète «  c est la méduse il n 'y a pas a tortiller c est la méduse

Nous sommes en décembre et l eau n est certainement pas a 22degrés la Visibilité ne dépasse pas un mètre, un mètre cinquante la profondeur n 'est que de 5 a 6 mètres,le fond est de sable comme prévu , un morceau de métal oxydé apparaît

Au fur et a mesure de ma progression surgit le décor habituel d une épave ancienne … une tige métallique de forte section apparaît cette tige est la verge d une ancre, je découvre une seconde ancre posée sur le sable





En conclusion quelle que soit la vérité ,c’est l’horreur du drame  du radeau mis en évidence par la réaction de l’opinion publique devant le tableau de Géricault   qui retiendra l’attention .La rencontre du drame et d’une œuvre exceptionnelle exaltant et fixant  l’image de ces hommes désespérés  n’a pu  laisser indifférents les amateurs de sensations fortes 

Incendie a bord

 Le 30 décembre 1953 noroit no 22    nous décollons pour un vol de  huit heures ,  pleins complets , équipage entrainé , plein beau temps Le ciel est bleu sans nuages et les derniers reliefs de la côte s estompent au loin
Soudain une fumée .... envahit  le cockpit Un incendie se déclare .....  Réaction instantanée du pilote «  Coupez le radar «  ..Une grosse fumée aveuglante.. Inquiétude générale  .... le feu se propage rapidement  dans l aile gauche
Manoeuvre délicate …Le pilote dans un réflexe de circonstance plonge l hydravion vers la mer …le choc est brutal ....l hydravion rebondit sur les crêtes de vagues  Le feu prend des proportions ;;;

Précipitation vers les  dinghies de sauvetage 
 le pilote, homme d 'expérience lutte pour maintenir l avion en ligne de vol 
Les flammes surgissent et nous aveuglent Posés en catastrophe  i.C'est  la chasse aux gilets et aux canots de sauvetage Plongeon dans l eau glacée Mais que l èau est  froide!
Me voici seul dans mon dinghie Isolé …mae west équipée , flottant  au grès de ce  vent de décembre sur les eaux agitées de la méditerranée…
Heureusement initiative  le radio de bord avait eu la bonne idée de lancer un SOS …. 

Aprés deux heures d' errements sur les eaux froides   nous voici  environnés de bateaux .....Enfin  recueillis  par tout ce qui pouvait naviguer dans notre secteur  Bateaux lançés à notre recherche pendant que notre vaisseau se consumait lentement mais sûrement ..berçé par ce vent d hiver glacial et pénétrant 
Un disparu toutefois Un membre d équipage...le médecin .... Guidé par son instinct   aventureux il  avait  formulé le désir de participer à notre vol et  quitté l avion en toute indépendance …retrouvé aprés de longues heures de recherches  il nageait alors désespérément ,porté par le vent violent , mae west perforée et le corps couvert de fluorescéine , teinture artificielle qui lui donna pour une semaine l’apparence d’un mort vivant

 Il ne remettra plus jamais les pieds sur cet avion..... nous assure t il !

 Mais que l 'eau était froide  en ce 30 décembre !





samedi 3 décembre 2016

jean Mazeline notre instituteur..........Moreau , , Bouillac , ,Chasseguet , et Frémiot


Extrait de " le maine libre 1945"


Documentation  manquante      Albert Fremiot et Jean Moreau


Jean Mazeline , Albert Frémiot , résistants fusillés ,le docteur Melun déçédé en déportation étaient nos voisins  aussi il m'était difficile de ne pas évoquer le lieu où ils avaient vécu

Sees    la place du Parquet en 1944
 a droite la statue de Conté
De gauche a droite notre maison au numéro 10, la demeure d une  passementiére retraitée au numéro 8, la façade de la maison du docteur Melun rue Conté  déçédé en déportation
le salon de coiffure Frémiot au numéro 6
On distingue ensuite l entrée de la rue Conté où habitaient jean Mazeline et le docteur  Melun
   A cette époque la gendarmerie était située derrière la mairie Rappelons que '4 gendarmes furent déportés suite au crash d une forteresse volante ou B17 à Belfonds le 4 Juillet 1943.Un seul 
l' adjudant Tual revint de déportation 
A Fossé autre déporté mort en déportation habitait cour du Chapitre prés de la gendarmerie

                             

«

André Rougeyron témoigne

"Au matin la cellule est envahie par de nouveaux arrivants venant de la «  17 «  . Ce sont Moreau de l’intelligence service ,Jean Mazeline ,Bouillac ,   Daniel Desmeulles ( que je quitterai quelques jours avant sa mort ) Chasseguet des PTT d’Alençon , Frémiot cultivateur à Sées

 ( En fait Albert Frémiot notre voisin était transporteur son épouse coiffeuse place du Parquet au no 6  , (nous avions le no 10 et la petite maison d'une passementiére le numéro 8)   Henri Barbier de Paris . Tous résistants acharnés instruits de leur sort ,aucun n’est triste ou abattu malgré les charges qui les accablent .
 La meurtrière laisse passer un gai rayon de soleil et nous faisons un agréable et bruyant petit déjeuner interrompu par l’arrivée d’un boche qu’accompagne un valet de la gestapo . Ils appellent Moreau , Mazeline , Bouillac , Desmeulles ,Chasseguet , et Frémiot . L’un d’eux demande : Faut il prendre les couvertures et les gamelles ? Ce n’est pas la peine répond en riant le milicien.

Quelques minutes après  nous entendons le ronflement d’une voiture sur la place : nous nous précipitons vers la meurtrière et apercevons la partie arrière de la traction sans portes . Jardin debout sur le trottoir y fait entrer nos camarades en menaçant «  Le premier qui bouge je l’abats "

Ce départ est le prélude à la fuite éperdue de la Gestapo de l’Orne et à l’éxécution de 5 patriotes français qui hélas devaient être abattus quelques heures plus tard ( Daniel Desmeulles me l’a souvent rappelé ) à L’hôme  -Chamondot désormais tristement célébre « 

Dans la cellule de André Rougeyron il y avait également Bétourné Fernand charpentier à   la chapelle prés Sées ( canton de Sées ) arrêté au Bouillon  alors qu’il détenait un stock d’armes  . Fernand Bétourné reviendra de déportation .

«  malgré son aventure ,aucun de nous n’est vraiment abattu et cependant pour beaucoup l’avenir est sombre étant donné ce qui a été trouvé chez lui  Bétourné s’attend à la mort  chaque fois que la porte de la cellule s’ouvre il pense qu’on vient le chercher  Il demeure cependant imperturbable et calmement nous conte son arrestation ; un jour les allemands font irruption chez lui et l’interrogent «  tu as une arme ?Non   répond il et Bétourné nous confie froidement «  je ne mentais pas je n’avais pas UNE  arme  j’en avais deux tonnes !"


Trocherie Emile 57 ans bûcheron à Tanville ( canton de Sées )avait été arrêté pour les mêmes raisons quelques semaines auparavant Il  déçédera  à Weimar le 6 Mai 1945


Le 9 Août au matin Jardin et ses hommes quittent Condé sur Sarthe . Les colonnes alliées ne sont plus trés loin d’Alençon . Ils vont se transporter au chateau de Brotz à l’Hôme Chamondot non loin de Longny au Perche . Avec eux ils emménent quelques prisonniers importants  ,extraits des géôles du chateau des ducs . Quelques heurs plus tard cinq d’entre eux partaient une pelle à la main en direction du bois sous la direction d’un allemand  ,de Léon et de Bertaux  .Ce dernier commit là ses ultimes crimes sur la terre bas normande en éxécutant d’une balle dans la bouche François Bouilhac ,Fernand Chasseguet , Albert Frémiot ,jean Moreau , et Jean Mazeline frére du chef des FFI de l’Orne.
Chateau de Brotz

( Jean Mazeline instituteur au cours complémentaire de Sées depuis octobre 1942 nous avait quitté en  Juin 1943 pour rejoindre la clandestinité  dés la promulgation de la loi sur le STO  )
Pour nous éléves  de 4 ème ce fut une surprise de voir disparaitre sans raison un enseignant dynamique ,trés proche de ses éléves ,et entraineur sportif hors du commun )

Le lendemain matin  ,Jardin et sa bande quittaient l’Orne pour Evreux à l’heure où Leclerc et la 2eme DB s’apprêtaient à entrer dans Alençon 

. Extrait du journal local

« Albert Frémiot( notre voisin 6 place du parquet ) tenait la boite postale de Galilée VI  . Il a camouflé des réfractaires ,diffusé des journaux clandestins transporté et réparti des armes dans le canton de Sées . Il fut rattaché au groupe BOA en Janvier 1943  ,arrêté le 12 Juillet 1944 Interrogé et torturé il ne parla pas . Il fut fusillé le 9 Aoùt à L’home Chamondot avant d’être . cité au DMR région 4 par l’officier commandant Clouet des Perruches pour faits de résistance et aide aux chefs de groupe « 



En fait de nombreux sagiens encore présents début aout a Sées se souviennent des  tortures inflgées par la bande a jardin  a Albert Frémiot  enfermé dans l école maternelle rue Conté non loin de notre domicile Convoqué à une mystérieuse réunion il n avait pu échapper au  piège qui lui était tendu

La tagédie de l home Chamondot (ouest france 9/8/2004)



Comme d autres Monique jeune calvadosienne arrêtèe peu avant au cours d une mission de reconnaissance est extraite de sa cellule et conduite dans la cour Là un groupe d hommes enchainés attend la tête basse tous sont poussés sans ménagement dans une ambulance de la croix rouge et partent vers l inconnu sous la surveillance d un milicien assis à leurs côtés Derriére eux la trop fameuse traction de la gestapo ( voir article ci joint )......










Le Chateau des ducs a Alençon
jean mazeline
Albert Frémiot

Témoignage de André Rougeyron ( extrait «  agents d’évasion «) 


 «  Le 9 Aout soit trois jours avant l'arrivée de la 2éme DB de Leclerc et de la 
5 eme division  US dans nos murs  
André Rougeyron témoigne
"Au matin la cellule est envahie par de nouveaux arrivants venant de la «  17 «  . Ce sont Moreau de l’intelligence service ,Jean Mazeline ,Bouillac , Daniel Desmeulles ( que je quitterai quelques jours avant sa mort ) Chasseguet des PTT d’Alençon , Frémiot cultivateur à Sées ( En fait Albert Frémiot notre voisin était transporteur ) Henri Barbier de Paris . Tous résistants acharnés instruits de leur sort ,aucun n’est triste ou abattu malgré les charges qui les accablent .
 La meurtriére laisse passer un gai rayon de soleil et nous faisons un agréable et bruyant petit déjeuner interrompu par l’arrivée d’un boche qu’accompagne un valet de la gestapo . Ils appellent Moreau , Mazeline , Bouillac , Desmeulles ,Chasseguet , et Frémiot . L’un d’eux demande : Faut il prendre les couvertures et les gamelles ? Ce n’est pas la peine répond en riant le milicien.

Quelques minutes aprés  nous entendons le ronflement d’une voiture sur la place : nous nous précipitons vers la meurtriére et apercevons la partie arriére de la traction sans portes . Jardin debout sur le trottoir y fait entrer nos camarades en menaçant «  Le premier qui bouge je l’abats "

Ce départ est le prélude à la fuite éperdue de la Gestapo de l’Orne et à l’éxécution de 5 patriotes français qui hélas devaient être abattus quelques heures plus tard ( Daniel Desmeulles me l’a souvent rappelé ) à L’hôme  -Chamondot désormais tristement célébre « 

Dans la cellule de André Rougeyron il y avait également Bétourné Fernand charpentier à   la chapelle prés Sées ( canton de Sées ) arrêté au Bouillon  alors qu’il détenait un stock d’armes  . Fernand Bétourné reviendra de déportation .

«  malgré son aventure ,aucun de nous n’est vraiment abattu et cependant pour beaucoup l’avenir est sombre étant donné ce qui a été trouvé chez lui  Bétourné s’attend à la mort  chaque fois que la porte de la cellule s’ouvre il pense qu’on vient le chercher  Il demeure cependant imperturbable et calmement nous conte son arrestation ; un jour les allemands font irruption chez lui et l’interrogent «  tu as une arme ?Non   répond il et Bétourné nous confie froidement «  je ne mentais pas je n’avais pas UNE  arme  j’en avais deux tonnes !"


Trocherie Emile 57 ans bûcheron à Tanville ( canton de Sées )avait été arrêté pour les mêmes raisons quelques semaines auparavant Il  déçédera  à Weimar le 6 Mai 1945


Le 9 Août au matin Jardin et ses hommes quittent Condé sur Sarthe . Les colonnes alliées ne sont plus trés loin d’Alençon . Ils vont se transporter au chateau de Brotz à l’Hôme Chamondot non loin de Longny au Perche . Avec eux ils emménent quelques prisonniers importants  ,extraits des géôles du chateau des ducs . Quelques heurs plus tard cinq d’entre eux partaient une pelle à la main en direction du bois sous la direction d’un allemand  ,de Léon et de Bertaux  .Ce dernier commit là ses ultimes crimes sur la terre bas normande en éxécutant d’une balle dans la bouche François Bouilhac ,Fernand Chasseguet , Albert Frémiot ,jean Moreau , et Jean Mazeline frére du chef des FFI de l’Orne.

( Jean Mazeline instituteur au cours complémentaire de Sées depuis octobre 1942 nous avait quitté en  Juin 1943 pour rejoindre la clandestinité  dés la promulgation de la loi sur le STO  )
Pour nous élèves  de 4 ème ce fut une surprise de voir disparaitre sans raison un enseignant dynamique ,très proche de ses élèves ,et entraineur sportif hors du commun )qui nous enseignait alors  les premières notions de hand ball sport nouveau en France , et les premiers rudiments de la  mèthode Hèbert 

Le gouvernement du maréchal Petain fit adopter une méthode naturelle pour l éducation physique de la jeunesse et la modifia
 Hebert jugea que ces methodes alteraient sa philosophie et publia un document corrigeant ces modifications 

En fait jean Mazeline sportif dans l âme nous entrainait chaque jeudi au terrain des Ormeaux prés de la voie ferrée  et participait activement a nos  matches


Et autre souvenir ...Middleborough ville industrielle dont nous prononçions le nom avec l 'accent anglais nécessaire lors de l enseignement du Carpentier   Fialip de 4 eme 
je n ai pas oublié un soir d étude  les coups de sifflets stridents et l irruption dans notre cour du collège de la patrouille allemande Elle avait en effet   détecté des rais de lumière filtrant derrière les rideaux noirs obligatoires  savamment posés par un élève souvent volontaire
 Une bonne occasion pour notre ami j... de divertir la galerie  malgré le sérieux de la situation
Il est vrai que le bruit  des avions volant a haute altitude dés la nuit tombante était un sujet
d inquiétude permanent malgré l espoir que représentaient ces vols dans les nuages dans la nuit noire
au dessus de nos têtes


Pour comprendre la situation de notre petite ville durant l occupation….
On se posait multiples questions Le bruit lancinant des avions … Le grondement permanent la nuit d un avion recherchant les feux du balisage ? mais aussi les escadrilles alliées allant vers le sud à destination du centre de la France et des usines du nord de l Italie Milan, Turin etc.
Par sa position stratégique à moins de 100 Kilomètres des côtes de la Manche et quelques 250 kilométres des bases aériennes du sud de l Angleterre L Orne constituait un département de choix
Dés la fin de 1942 sous l impulsion de l organisation civile et militaire l ingénieur du génie rural Robert Aubin de Fontenay sur Orne des patriotes se mirent a l œuvre pour recenser des terrains favorables aux opérations aériennes etc...

Le lendemain matin  ,Jardin et sa bande quittaient l’Orne pour Evreux à l’heure où Leclerc et la 2eme DB s’apprêtaient à entrer dans Alençon 

. Extrait du journal local

« Albert Frémiot( notre voisin 6 place du parquet ) tenait la boite postale de Galilée VI  . Il a camouflé des réfractaires ,diffusé des journaux clandestins transporté et réparti des armes dans le canton de Sées . Il fut rattaché au groupe BOA en Janvier 1943  ,arrêté le 12 Juillet 1944 Interrogé et torturé il ne parla pas . Il fut fusillé le 9 Aoùt à L’home Chamodot avant d’être . cité au DMR région 4 par l’officier commandant Clouet des Perruches pour faits de résistance et aide aux chefs de groupe «




Extrait de " le maine libre 1945"


« Albert Frémiot( notre voisin 6 place du parquet ) tenait la boite postale de Galilée VI  . Il a camouflé des réfractaires ,diffusé des journaux clandestins transporté et réparti des armes dans le canton de Sées . Il fut rattaché au groupe BOA en Janvier 1943  ,arrêté le 12 Juillet 1944 Interrogé et torturé il ne parla pas . Il fut fusillé le 9 Aoùt à L’home Chamodot avant d’être . cité au DMR région 4 par l’officier commandant Clouet des Perruches pour faits de résistance et aide aux chefs de groupe «

Note A cette époque la gendarmerie était située derrière la mairie Rappelons que '4 gendarmes furent déportés suite au crash d une forteresse volante ou B17 à Belfonds le 4 Juillet 1943.Un seul l' adjudant Tual revint de déportation 
A Fossé autre déporté mort en déportation habitait cour du Chapitre prés de la gendarmerie



marie croise



Né le 5 juillet 1924, déclaré disparu le 19 juin 1944 à Saint-Jean-Brévelay (Morbihan) ; FFL-BOA ; FFC.

« À la mémoire des patriotes et parachutistes fusillés par les Allemands le 18 juillet 1944 »

Sur le monument de Rimaison
« X...
X... »
Deux inconnus

Le carré 1939-1945 de la nécropole de Sainte-Anne-d’Auray
SOURCE : Photos Husson
René Halimbourg (que Roger Leroux appelle René-Alain Bour) fut l’adjoint d’Édouard Paysant, devenu en juin 1944 le responsable du Bureau des opérations aériennes (BOA) de la France libre du bloc Bretagne, sous le pseudonyme de [Trouvère]. Chargé de coder les messages, il fit partie avec Édouard Paysant, l’agent de liaison Marie Croisé [Irène] et deux radios, de l’équipe BOA qui s’installa en juin 1944 près du maquis de Saint-Marcel (Morbihan) pour y organiser la réception de parachutages.
Le 19 juin 1944, au lendemain des combats de Saint-Marcel, alors que le maquis se dispersait, l’équipe se scinda en trois groupes de trois personnes. René Halimbourg fit partie du groupe d’Édouard Paysant et de Marie Croisé, qui emmena le matériel radio, les codes et les coordonnées des terrains de parachutage. Le groupe déposa le matériel radio au moulin de Callac à Plumelec (Morbihan), puis fut rejoint par Marguerite Neulat [peudonyme dans la Résistance : Marie], qui venait d’échapper à des soldats russes dans le bourg voisin de Saint-Aubin. La traction avant à bord de laquelle ils s’apprêtaient à quitter Plumelec fut interceptée par des soldats russes. Trouvés porteurs d’armes, des codes et d’une forte somme d’argent, ils furent considérés comme une prise importante et transférés à Pontivy (Morbihan). Détenus dans l’École primaire supérieure de jeunes filles qui servait de lieu de détention et d’interrogatoire, ils furent torturés.
Marie Croisé et Marguerite Neulat déportées à Ravensbrück par le convoi parti de Pantin le 15 août 1944 survécurent à la déportation. Quant au sort d’Édouard Paysant et de René Halimbourg, il est très incertain. Le site Mémoire des hommes déclare ce dernier disparu le 19 juin 1944 à Saint-Jean-Brévelay. Selon René Le Guénic, la confrontation d’un entretien avec Françoise Comte, la fille d’Édouard Paysant, avec la description des deux inconnus fusillés le 18 juillet 1944 à Rimaison, notée dans les registres des décès de 1944 en mairie de Bieuzy-les-Eaux, laisse supposer que ces deux corps pourraient être ceux d’Édouard Paysant et de René Halimbourg.
Registre des décès de Bieuzy-les-Eaux :
« Corps n° 5 - Acte de décès n° 21 : Ce 29 juillet nous avons constaté le décès d’un individu du sexe masculin, dont l’identité n’a pu être établie et dont la mort parait remonter à 11 jours. Le corps a été découvert au lieu-dit Rimaison sur la route de Sourn à Bieuzy. Le signalement est le suivant : taille environ 1m72 ; vêtements, veste et pantalon bleus, marque La Belle Jardinière ; souliers montants cloutés.
Dressé le 29 juillet par Nous , Alexis Le Marec, maire de Bieuzy, ayant procédé sur les lieux à l’identification du corps. »
« Corps n° 13 - Acte de décès n° 28 : Ce 29 juillet nous avons constaté le décès d’un individu du sexe masculin, dont l’identité n’a pu être établie et dont la mort parait remonter à 11 jours. Le corps a été découvert au lieu-dit Rimaison sur la route de Sourn à Bieuzy. Le signalement est le suivant : chaussures Richelieu marron clair ; chaussettes lie de vin tachetée"s jaune et blanc ; pantalon lainage bleu uni ; cravate bleue à rayures espacées rouges et blanches ; couteau rouge avec tire-bouchon marque Café du Brésil ; mouchoir rayures rouges et noir marqué H. E.
Dressé le 29 juillet par Nous , Alexis Le Marec, maire de Bieuzy, ayant procédé sur les lieux à l’identification du corps. »

D’abord inhumés dans le cimetière de Bieuzy-les-Eaux, les corps de ces deux « inconnus » furent transférés en 1961 dans l’ossuaire de la nécropole nationale de Sainte-Anne d’Auray (Morbihan), ce qui ne permet plus d’effectuer une analyse ADN.
René Halimbourg obtint la mention « Mort pour la France ».
Sources
SOURCES : AVCC, Caen, AC21P 51 026. — Arch. munic. Bieuzy-les-Eaux, dossier communiqué par Léon Quilleré, maire de Bieuzy-les-Eaux et exposition " Rimaison " Bieuzy-les-Eaux 18 juillet 1944-15 juillet 2017, réalisée par Yves Jouan. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — René Le Guénic, Morbihan, Mémorial de la Résistance, Imprimerie Fasse-Bretagne, Quéven, 2013. — " Bieuzy-les-Eaux : crimes de guerre du 18 juillet 1944 ", dossier mis en ligne le 30 septembre 2016 sur le Blog de Kristian Hamon. — État-civil, Bieuzy-les-Eaux (acte de décès).
Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Marie Croisé, grande figure de la Résistance

  • Marie Croisé avait été promue commandeur de la Légion d'honneur en 1997.
    Marie Croisé avait été promue commandeur de la Légion d'honneur en 1997. | 
Son parcours fut exceptionnel. Marie Croisé s'engagea de bonne heure dans la Résistance. C'était en novembre 1942. Elle avait 31 ans. Elle oeuvra comme agent de liaison entre les différents réseaux de l'Orne, assura l'hébergement des officiers anglais parachutés en France, aida au convoyage d'aviateurs alliés. Marie Croisé répondait aux noms de code de « Yannick », « Irène » ou « Galilée 3 ».
En avril 1944, se sentant traquée, elle part avec sa famille en Auvergne. Deux mois plus tard, elle est rappelée en Bretagne par Edouard Paysant, l'un des chefs de la Résistance. Elle y rejoint le fameux maquis de Saint-Marcel, qui sera attaqué par les Allemands le 19 juin 44. Arrêtée, interrogée du 20 au 30 juin par la Gestapo à Pontivy, Marie-Croisé sera déportée au camp de Ravensbrück en août 44. Elle s'en évadera le 3 mai 1945 vers la Tchécoslovaquie. Le 17 mai, elle sera recueillie par les forces armées soviétiques.
Décorée par Jacques Chirac
« C'est un parcours de résistant exemplaire, constate Christophe Bayard, professeur d'histoire, attaché à la transmission de la mémoire. Marie Croisé s'est engagée de bonne heure et dans une résistance armée qui était plutôt réservée aux hommes. »
À son retour des camps, elle n'aura de cesse de témoigner auprès des jeunes. « Elle est intervenue dans beaucoup d'écoles. C'était sa vie, commente Françoise Comte qui lui a succédé à la présidence des Combattants volontaires de la Résistance de l'Orne. Elle accompagnait aussi les autres résistants. C'était une femme de grand caractère. »
Son parcours lui a valu de très nombreuses distinctions. Le 17 février 1997, le président Jacques Chirac lui avait remis à l'Elysée les insignes de commandeur de la Légion d'honneur. Un moment qu'elle avait qualifié « d'inoubliable ». Son émotion était encore accentuée par « le souvenir des six mille femmes qui ne sont jamais revenues de Ravensbrück ».
Née le 12 juin 1911, Marie Croisé, grande patriote, s'est éteinte, lundi, la veille de la Fête nationale. Ses obsèques seront célébrées vendredi, à 14 h 30, en l'église Saint-Léonard d'Alençon.














jeudi 1 décembre 2016

La progression de l enquête du withley abattu à Sées

DANS LA NUIT DU  22  AU 23 MAI 1944   UN  BOMBARDIER WITHLEY DE LA ROYAL CANADIAN AIR FORCE EST ABATTU A SEES LA POTENCE VERS 23 HEURES

La progression de l'enquête

Crash du 22  23 Mai 1944  20 Heures rèfèrence à Operations Record Book  24  OTU de la RAF

Je rappelle les conditions de vol de cet avion canadien dont la mission peut être ainsi résumée 

Honeybourne le 22 mai 1944 

 Six withley sont désignés pour participer à une opération Nickel ,objectifs Alençon , Le Mans et Laval
Trois avions réussirent leur mission , deux firent un atterrissage forçé a Ford et Woodhal  en raison de problémes de givrage (Qu' est ce que le givrage ?En vol, les appareils peuvent rencontrer les gouttelettes d'eau en surfusion qui sont souvent présentes dans certains nuages caractéristiques  Ces gouttelettes d eau  se transforment en glace au contact de la paroi des avions, perturbant le flux d'air aérodynamique sur les ailes, réduisant  la portance.)



extraitsdu rapport canadien  

Depression sur la France Brouillard mais la visibilité ne fut jamais assez basse pour annuler la mission

Dans la nuit du 22 23 Mai   5 withley  sur les six en mission accomplirent leur mission photo  L un d eux est porté manquant
L' un d'eux est  porté disparu(Pilote F/O Goodwin)

Personnellement je suis allé sur les lieux du crash le 23  mai 1944 vers 9 heures du matin pour constater un terrain dévasté et la présence de corps mutilés disséminés  sur toute la surface ( voir le pv des gendarmes a ce sujet ) Deux militaires allemands (en fait de nationalité yougoslave) gardaient les lieux pendant que plusieurs militaires de la wehrmacht  fouillaient différents objets épars sur le terrain

Début 1945  Pas de nouvelles annonçées aux familles par la RCAF qui supposent l' avion disparu en Manche




Procés verbal de la gendarmerie de Sées ce 23 mai 1944  à 9 heures soit approximativement 10 heures aprés le crash
 informations officielles du 24 Mai 1944 concernant la mission de ce withley        ( voir note ci dessus )


 prebriefing de l 'équipage                                16 00 heures
 décollage   de Honeybourn   à                                                        19 00 heures
 prévision de présence sur l objectif                  23.23 heures
 heure prévue de retour à la base                 0141   le 23 mai 1944
 Note  aucun contact signalé pendant la durée du vol
signé  Group captain commanding  24 otu   RAF Honeybourn


Déroulement de  l enquête coté canadien   ilence

24 Juillet 1945   soit quatorze mois  après le crash et 11 mois arés la libération

 ( lettre de" l officer in charge army staff  Paris ")de la RAF

Un gendarme français appartenant a la résistance reporte auprés des services canadiens qu un avion de transport légèrement armé s'écrasa  prés de Sées Orne les 27 ou 28  mai  Il s'agirait du gendarme Galandeau                                                ( En fait il sagissait de la nuit du 22 au 23 mai)


Un autre gendarme Dumont prit possession sur les lieux du crash  d un certain nombre d'articles  dont 2 photographies ,une bague en or ,et divers objets Sur l une des photographies le nom de Goodwin
L' autre celle d un chinois probablement Hong
 Objets trouvés dans les débris de l 'avion
une Bague avec initiales WGH et 2 photos
                                                                   DW Goodwin                             joseph Hong                                             

 Sgt Wilfried Gordon Harris propriétaire de la bague aux initiales WGH




Ottawa  30 Aout 1945 14 mois aprés la date du crash aprés la lettre du gendarme gaulandeau

Mme Wyckoff épouse de l un des membres d équipage est informée que l avion signalé par le gendarme Gaulendeau  est l avion de son fils et de son équipage
En raison de la nature du crash il est                                    (  rappelons qu ils étaient -6)
impossible d' identifier les 5 corps  inhumés dans le cimetiére de Sées(

5 Corps non identifiés seront inhumés dans 4 cercueils

je suppose que la photo ci dessous correspond a la tombe des corps des victimes aprés l inhumation au cimetiére de Sées ? Photo prise avant le transfert des corps au cimetiére canadien de Bretteville sur Laize en .Octobre 1945 ?


Qui a pris cette photo  ,? je suppose un membre de la famille de l une des victimes ?

7 fevrier 1945  Lettre de Noel Archer officier enquêteur appartenant à

The Royal Air Force Missing Research and Enquiry Service 1944 .


5 corps sont donc ensevelis au cimetiére de Sees dans 4 cercueils
l' équipage était composé de -6 membres tous canadiens
l' identification de l avion fut facilitée par la découverte d une plaque précisant le type de l avion
l' avion aurait été touché par la flak
Aurait survolé Sées en flammes et explosé a quelques pieds d altitude  il transportait des tracts
Visite chez le maire de Sees
Les corps auraient été  inhumés par les allemands et ensevelis dans '4 cercueils au cimetiére communal de Sees pour ensuite etre exhumés en novembre 1945 environ Ces aviateurs étaient supposés canadiens
L un des membres d équipage aurait été enseveli  sous l'un des moteurs du withley,l un des dessins des gendarmes montre 5 victimes


Nous essayons maintenant de trouver qui exhuma les restes des victimes et Savoir où ils sont maintenant inhumés

R N Archer F/lt




dimanche 27 novembre 2016

Les semaines préçédant le débarquement

Nous sommes en Avril 1944 une opération d envergure se prépare , le parachutage de deux agents du BCRA ( agents de la France libre ) mais aussi un équipement de matériel radio

Le terrain choisi est donc " le Haras des Rouges Terres " situé a l'est de Sées( carte ci dessous).....
  Le parachutage se déroule  dans la nuit du 9 au 10 avril 1944 
Le Halifax a décollé de Tempsford ......,survole Londres souvent dans le brouillard ... les résistants sont fidéles au rendez vous malgré le couvre feu imposé par les allemands
On note la présence sur les lieux du parachutage de Edouard Cercueil ;;;;;;; hommes courageux entre tous ,conscients de 
l importance  tâche périlleuse a laquelle ils sont habitués

Des la reception du message de la BBC " un nouveau jour 
s annonce " le Halifax survole la zone prescrite et définie par les coordonnées d' usage  largue 15 containers et des paquets
 Ce message diffusé sur la fréquence de la BBC....Seuls les résistants concernés par le but de la mission en comprennent la signification
Dans le cas présent il s agit du largage de matériel radio destiné  au radio" Wallon "et à Edouard Paysant présents à   saint Marcel    en attente de ce précieux matériel qui leur permettra de rester en contact avec l aviation alliée


Le haras des Rouges Terres l objectif du parachutage  est situé à 10 km est nord est de Sées

 Date 9 10 Avril 1944  Terrain Aurore Haras des Rouges Terres  mission Harry 28 b Présence du BOA 
BBC " un nouveau jour s' annonce "15 containers et des paquets
deux agents reçus Tracteur et Sarcloir ( rené carel )
Du matériel est destiné au radio Wallon

Les containers contenant les èquipements de transmission radio  atterrissent sur la "dropping zone "prévue mais pour des raisons inconnues les deux agents de la France libre sont parachutés hors de la zone et atterrissent a proximité du moulin d Escures soit pratiquement a deux kilometres a l'ouest de Sées

Heureusement deux résistants   les récupèrent et les guident rue saint Martin au no 30  demeure de Edouard Cercueil

Clouet des perruches le DMR s' insurge contre cette erreur de 
l 'équipage du  bombardier

Ce parachutage présente une certaine importance dans la mesure où la totalité du chargement est destiné au radio Wallon présent a Saint Marcel aux cotés de Edouard Paysant ( ref a " l espoir des ténèbres  Parachutages sous l occupation " par Michel Pichard coordinateur national du BOA )                   )

 Nous sommes début Avril et la documentation fait état de contacts permanents entre les différents membres Edouard Paysant    Marie Croisé ,et le radio Wallon en attente de ce matériel indispensable aux échanges radio avec l'aviation alliée dans le cadre de 
l 'opération du débarquement

Le Halifax survole la zone prescrite et définie par les coordonnées 
d 'usage  largue 15 containers et des paquets (voir note archives)
Le terrain choisi " le haras des rouges terres " 

  Le parachutage se déroule dans les meilleures conditions dans la nuit du 9au 10 avril 1944 ( soit moins de deux mois avant le débarquement )Le Halifax aprés avoir décollé de Tempsford et les rèsistants sont fidéles au rendez vous
On note la présence sur les lieux du parachutage en Bretagne  de Edouard Cercueil ;;et de son équipe ;;;;; hommes courageux entre tous conscients de l importance capitale de leur tâche a laquelle ils sont habitués





TECHNIQUE DU REPERAGE ALLEMAND. PROTOCOLE D'UNE EMISSION
Nos Deux agents du BCRA
Quelques minutes avant l'heure du rendez vous avec
Londres,l'opérateur arrive sur les lieux de l'émission.
 Ce fut le cas rue Saint Martin où nos deux agents tacteur et sarcloir agissent  avec une prudence extrême ... Comme on les comprend...

L'opérateur établira le contact avec Londres et assurera la continuité des contacts radio

Un  guetteur est  en place.
Sortir l'appareil emetteur de sa cachette,le poser sur une table,
dérouler le fil d'antenne sur 10 à 15 mètres,relier la
valise à une prise de courant ou sur une batterie,
enficher le quartz fixant la longueur d'onde prévue,
régler l'émetteur et le récepteur,tout cela demande
quelques minutes.
Au moment prévu pour le contact l'opérateur lance son
indicatif d'appel 5 ou 6 fois.Dés que la centrale de
Londres le reçoit,elle confirme en lançant son propre
indicatif.La transmission des données peut alors commencer.
Les signaux morse crépitent alors.Par sécurité ,le quartz
est changé régulièrement pour tromper le gonio allemand
qui surveille.La centrale confirme la bonne réalisation
du transfert par l'abrévation FB(fine business).
 

Aprés cette opération vitale pour les Forces de Libération
il faut tout cacher,détruire les messages transmis.Ces
liaisons étaient le seul moyen de transmettre de
l'information sur Londres quant à la situation des forces
ennemies en
FRANCE


TEMOIGNAGE PERSONNEL On note la présence d un camion gonio place du parquet aux pieds du piédestal de la statue de Conté
 

Avril 1944
…. Aucun événement ne peut échapper à notre curiosité
Les photos prises avec mon vieux Kodak à soufflet des années 20 ont bien fixe quelques images telles que celles prises à Belfonds en juillet 1943 ( photos d’ailleurs inédites ) mais le risque d’être surpris reste le même
Ce kodak encombrant J’ai failli me le faire « confisquer « par un
officier allemand en mai 1940 lors de l’arrivée des premieres troupes d’occupation
Combien je regrette de n’avoir pu fixer sur la pellicule les
mouvements de troupes sur notre place du Parquet ….les allemands
épuisés après une longue marche, affalés aux pieds de la statue de
Conté, ,, la reléve de la garde au pas de l’oie prés du marchand de
primeurs Bujosa , , la fanfare , fifres en tête paradant fierement ; ;
sous nos fenêtres ,l’agitation permanente des employés administratifs de la Wehrmacht sur les marches de l’hotel de ville et en particulier du personnel féminin ( elles étaient surnommées « les souris grises « car bien sûr vêtues de gris )
Encore aurait il fallu ,contrainte supplémentaire ,faire développer la
pellicule chez un photographe de confiance sans attirer l’attention,d’un occupant


Ce matin d ‘avril avec mon pere de notre fenêtre donnant sur la place du parquet ,poste d’observation privilégié nous sommes intrigués par la présence de deux camions équipés de matériel inconnu . Leurs occupants casqués d’écouteurs se livrent à des manoeuvres mystérieuses prés du piedestal en granit de Conté , socle débarrassé de son grand homme pour l’éternité .Vêtus de bleu , il s’agirait de soldats de la Luftwaffe reconnaissables à leurs uniformes
On distingue difficilement l antenne gonio sur le sommet du camion

Nous demandons à un gendarme de nos connaissances la cause de
cette animation….il reste muet Il est vrai que ce n’est plus la même
brigade ,la précédente ayant été déportée en Aout dernier aprés la
chute de la forteresse volante à Belfonds 

Que sont devenus nos gendarmes , figures familieres et clients assidus de notre salon?
Trois soldats casques avec ecouteurs s’agitent autour des camions
alors surveilles par deux feldgendarmes reconnaissables à leur
plaque de poitrine bien astiquée L’un d’eux entre dans notre cour et
demande à mon pére un seau d’eau
Sur le toit du camion un grand cercle en métal dont je ne puis
distinguer l’utilité


J’ai pu avec le temps trouver la raison de cette animation….Ces
soldats se préparaient ou s’exerçaient à une operation de détection
d’émetteur et certainement en relation avec l’émetteur caché chez
Cercueil ( voir témoignage Moise Cercueil ) …Bien sûr nous
ignorions cette situation
Les allemands avaient donc été informés d’un parachutage dans la
région….mais comment ?
Edouard Cercueil homme courageux cachait en effet
clandestinement les  deux agents secrets parachutés au haras des
Rouges Terres Edouard Cercueil averti in extremis par Mr Jouy
épicier ,voisin de Ipcar électricien habitant place du Parquet
s’empressa de faire évacuer les deux agents dans la campagne
environnante  cachés sous une épaisseur de paille
 








Le principe de l’identification et de localisation d’émetteurs
clandestins utilisés par la resistance est le suivant
,


L ‘installation de camions utilise le principe de propagation des ondes courtes ( ondes directes) le long de la surface du sol autour de l’émetteur , et que recherche le recepteur allemand 
Les ondes reflechies vers le sol par les couches nuageuses , constituent les ondes recherchées par les grands centres de recherche allemandes Brest Nantes en France
Munich Hambourg en Allemagne etc ..
Une premiere phase delimite un premier triangle de 20 km de coté
triangle repris sur un triangle de 2 km de côté grâce à l’onde de sol et les camions portant le récepteur gonio que nous distinguons sur le toit du camion( voir photos )

TECHNIQUE DU REPERAGE ALLEMAND
Pour bien comprendre comment repérer une émission,il faut savoir comment se propagent les ondes courtes(O.C.).Les O.C. se propagent de deux façons:
a:le long de la surface du sol,c'est l'onde directe perçue immédiatement autour de l'émetteur,c'est celle la que recherche le récepteur radio-goniométrique porté sur camion et proche du clandestin,
 

b:vers le ciel où les ondes rencontrent la couche réfléchissante qui comme un miroir les renvoie vers le sol à quelques centaines de kilomètres de l'émetteur et c'est celle la que recherchent les grands centres de repérage:Brest,Nantes France,Munich,Hambourg,Nuremberg,Berlin,Augsbourg en Allemagne.