lundi 6 août 2018

la resistance dans notre département

en cours de rédaction


 Je ne fais que compléter   un aspect souvent,méconnu du grand public sagien celui de la résistance locale dans notre région
Un ancien résistant sagien  comme beaucoup d 'autres ne m avait t il pas rappelé  " Bientot nous serons ignorés et la vie se chargera de nous faire oublier "
Ma premiére réaction avait été de lui répondre" Et bien non je profiterai de mes quelques moyens pour mettre en évidence votre  action et rappeler la somme de courage et de volonté que vous avez déployées pour sauver l honneur de la France "
En effet j avais eu l occasion de discuter et de parler de cette période perturbée avec quelques anciens résistants pleins d' amertume devant 
l 'oubli qui les menaçait 
Rappelons les points essentiels  propres à  cette période
 d 'occupation où la puissance germanique imposait sa  domination  sur toute l Europe 

Dans le cadre de cette domination l’avion et la radio  révolutionnaient les moyens d’action des belligérants de la seconde guerre mondiale ,imposant des changements fondamentaux à la nature ,au déroulement et aux formes de la lutte
.On peut dire que la BBC réglait l’ existence de la plupart des français tout au moins pour ceux qui accordaient la plus grande confiance aux alliés en écoutant les nouvelles transmises par Robert Schuman , Jean Marin , Pierre Jourdan 

.On commençait à ressentir une sorte de tressaillement aux premiers succès alliés qui commençaient à se dessiner
Résultat de recherche d'images pour "bateau traversant la manche occupation" 
Pour nous simples particuliers nous étions tous à l 'écoute passionnée des ondes de la  BBC qui était devenue notre point de ralliement
Londres représentait notre  but à tous  et les  français dans un rêve  ne pensaient qu'à traverser la Manche par tous les moyens maritimes existants en dépit de la surveillance des bateaux côtiers allemands et de la luftwaffe





 Quelques uns de mes amis ayant survécu au drame de Mers el kébir échaffaudaient déjà les plans les plus risqués

 



Pour ce qui est de la lutte clandestine en ces premiers mois 
d' occupation une évidence s’imposait : les conquêtes techniques  constituaient des atouts aux effets incalculables .et il est bon de les rappeler 

Incontestablement la résistance française devait son existence son organisation et son développement à quelques hommes qui avaient su concevoir et réaliser une liaison quasi permanente  entre   les instances  de la défaite et de la discipline nouvelle imposée par l' occupation allemande 

En 1940, la BBC ouvrait ses antennes à ceux qui refusaient la défaite.

Les forces diverses naissantesdela resistance et dispersées à travers le territoire et a l origine dénuées de moyens parvenaient  à se structurer , s' unir et se renforcer progressivement au point de devenir un élément important au sein des armées alliées

Leur rôle sera enfin déterminant pour la libération du territoire et la présence de la France à la table des vainqueurs le 8 mai 1945

Résultat de recherche d'images pour "HONG WITHLEY SEES"
la guerre des ondes s engage 
 

Ici Londres ! Les Français parlent aux Français… " En 1940, la BBC ouvre ses antennes à ceux qui refusent la défaite. Radio Londres est née et va devenir le lieu de rendez-vous quotidien des Français pendant quatre ans. De jeunes et talentueux chroniqueurs (Jacques Duchesne, Jean Oberlé, Pierre Bourdan, Jean Marin, Maurice Schumann, Pierre Dac…) insufflent un ton nouveau et inventent la radio de proximité.
 le_8 Janvier 1946 des voix célébres de la bbc  parcoururent la ville de Gand en caléche et furent salués en héros de guerre

 Des messages personnels aux appels à résister, une véritable guerre des ondes se joue face à Radio Paris (Philippe Henriot) et Radio Vichy, démagogiques, collaborationnistes, voire antisémites. Jusqu’au triomphe des Alliés,


le SOE

Cest Winston Churchill qui créa ce service au cours de l été 1940 en définissant ses objectifs «  mettre le FEU a L EUROPE 

Cette aide  ne pouvait  être apportée que par une étroite collaboration entre le BOA (organisme de résistance local en l occurence sagien)  
le SOE utilisant la voie des air radio de la BBC et l aviation alliée par l intermédiaire du BCRA organisme de la  France libre )situé à Londres

Résultat de recherche d'images pour "GUERRE DES ONDES 1940"
Résultat de recherche d'images pour "CONTAINERS RAF PARACHUTAGES"

il nous fallait surveiller notre altitude pour larguer nos containers   trop haut et le risque de détruire le container et son contenu 
 trop bas et le danger de heurter un arbre ou un obstacle imprévu



e reception des résistants

Nous volons feu éteints

Un comité de réception courageux vigilant, prêt à tout, caché sous les ombrages attend,… guettant désespérément l’ arrivée de l avion lanceur de containers sur le terrain balisé, quelles que soient l’heure de la nuit, la température, le brouillard, la pluie, la neige, les rafales de vent




 

Résultat de recherche d'images pour "CONTAINERS RAF PARACHUTAGES"
Puissante et inestimable aux groupes de résistants héroiques issus de nos villes et nos campagnes 






Comment circuler la nuit en  silence  aprés l'heure d'interdiction imposée par le couvre feu ? 
ces terrains selectionnés portaientlesnoms de

 La menace sur le terrain de reception des containers  c 'etait  la feldgendarmerie

Une équipe de patriotes décidés   se rendait  au point  de largage prévu en empruntant des chemins forestiers ou de campagne 
Résultat de recherche d'images pour "MOTARD ALLEMAND FELDGENDARMERIE" Les chiens aboient à leur passage ,laissant derrière eux une piste sonore qui indique une présence dans des lieux supposés déserts  à cette heure de la nuit  ? 
La situation la  plus probable était l'interception des membres du comité de réception c est la raison pour laquelle certains se faisaient fabriquer  de faux permis de chasse ou médicaux qui permettaient ainsi  de circuler après le couvre feu 
 Chacun d'eux avait imaginé une histoire en cas de rencontre d une patrouille allemande ce qui peut paraitre difficile à comprendre si l'on veut se faire une idée des dangers générés par la lutte clandestine Affrontement contre un ennemi intraitable et sans pitié et s 'opposant à la lutte que nous menons sans répit dans la clandestinité la plus totale 

Résultat de recherche d'images pour "containers d armes soe"

De nombreux  dangers   difficiles à éviter alors que nous combattons sans armes...  armes que nous devons fournir  a ceux qui en manquent  dans la lutte  ouverte contre l'occupant 

.Ces hommes les résistants qui ont  consenti au sacrifice de leur vie ,ces hommes dont la volonté et l'équilibre sont  mis à l'épreuve 24 heures sur 24 
mais aussi grâce à l héroisme d hommes et de femmes qui sur le sol national ont organisé dans des conditions difficiles et périlleuses atterrissages , décollages et parachutages clandestins indispensables aux déplacement des hommes responsables et ainsi qu' au soutien logistique et financier des combattants de l ombre 
Ces operations ne pouvaient se réaliser qu 'à la faveur du clair de lune  

C eTAIT t l oeuvre  de Churchill le soe  rappelons son rôle
 

Le soe est un organisme majeur qui devait frapper en territoire ennemi vite et fort Ses operations devaient être caractérisées par la soudaineté la ruse et la souplesse et frapper l ennemi aux défauts de sa cuiras


Operateur radio l une des actions les plus risquées en raison des menaces de détection par les gonio allemands Rappelons sq un camion gognio allemand est resté installé quelques jours place du parquet Quelques sagiens mis en éveil eurent la bonne idée de prévenir la maison Cercueil rue saint martin ou les deux agents secrets étaient cantonnés on sait qu ils purent s échapper cachs sou des bottes de paille

lysander les exemples sont malheureusement nombruxet plusieurs le payérent de leurvie

Les récits publiés en annexe n ont pas la prétention de couvrir la totalité des interventions directes mais ils  se veulent le reflet exact de l esprit du courage et de la compétence des hommes qui permirent cette liaison indispensable entre l empire britannique au combat et la résistance française naissante  Source : Hugh Verity « Nous atterrissions de nuit ».

Les atterrissages secrets de la RAF en France durant la Seconde Guerre mondiale
Mission : transport aérien clandestin d’agents de renseignements ou de personnalités devant être déposées en France occupée ou ramenés en Angleterre dans le cadre de l’effort de guerre allié.
Il nous paraît important de citer dans ce dossier l’action des        

« escadrilles de l’ombre » qui effectuèrent, dans la plus grande clandestinité et au mépris des plus grands dangers, des vols spéciaux en France occupée. Chaque mission était un exploit dont le succès n’était rendu possible que par l’extraordinaire qualité technique et morale des aviateurs d’élite qui y prenaient part. Ce qu’ils ont réalisé, durant toute la période de la guerre, constitue un extraordinaire roman d’aventures.
 

Des 220 atterrissages réussis, 124 ont eu lieu dans la seule année 1943. En cette année d’intense activité, 209 passagers furent conduits en France. 401 en  revinrent.
 Les Dakota américains basés en Grande-Bretagne effectuèrent 20 missions en France en 1944 pour le compte du SOE. Ils amenèrent 62passagers et en ramenèrent 108.
Pour ce qui concerne les pertes, il est surprenant qu’elles aient été auss réduites : aucun Hudson et seulement 13 Premier parachutage dans l' Orne


La BBC est donc devenue notre principal centre d’intérêt….les messages du  soir    la guerre des airs et la guerre des ondes qui se profilent apportent une note d espoir mais  le terme SOE est pour la majorité des français un terme inconnu Ces nouvelles techniques et leur organisation entraineront la création du BCRA a Londres et du BOA dans nos provinces
Charles de gaulle à la BBC

L’avion et la radio révolutionnent alors les moyens   d action des belligérants imposant des changements fondamentaux a la nature,au déroulement et aux formes de la lutte
Notre maire Charles Forget
 Habitant de ma petite ville normande privé des nouvelles diffusées par la BBC de Londres il nous fallait nous contenter de ces emissions entretenant l'espoir 
Mais a notre  niveau de provincial soumis au joug allemand nous ignorions en fait l 'existence de ce service secret
Les nouvelles officielles nous parvenaient alors  de radio Paris ,station d état contrôlée par l occupant et que nous écoutions en permanence en dehors des émissions discrètes et brouillées de la BBC
Il nous fallait avec une grande prudence nous caler sur la longueur d 'ondes de Londres et surtout par précaution …. ne pas y rester
Mais le BOA issu de cette nouvelle organisation en attendant un débarquement quelle était sa signification ?
Edouard Paysant en sera l organisateur et le chef

Il  s'agit dans le cadre  de  cette organisation clandestine de frapper l ennemi de maniére à l affaiblir    


Un équipage d’aviateurs entrainés du SOE décollant de Tempsford avant de parachuter ses  containers devait absolument découvrir les feux dissimulés dans une nature surveillée par les patrouilles allemandes Tâche périlleuse entre toutes …Ces nouvelles filtraient dans le hasard des discussions et des bavardages




Mais parlons de l'équipage du bombardier SOE

 Les équipages  du SOE
Rappelons que le ciel de nuit est une occasion d’affronter pour les lourds bombardiers ….. les rapides chasseurs de la Luftwaffe



Chasseur de nuit Fockewulf
Témoignage d' un pilote du SOE

Afficher l'image d'origine
haras des rouge terres
"Cette bonne terre de France si attirante mais inhospitalière il nous faut la survoler avec la plus grande prudence avec un équipage perpétuellement aux aguets scrutant du sabord ou de la tourelle arriére les profondeurs de la nuit "..equipage composé de dix hommes de nationalités souvent différentes Britannique, Canadiens, australiens ,néo zélandais , polonais
« Chaque sortie dure plus de sept heures, des heures d’un vol angoissant dans la solitude nocturne, passées a survoler la mer toujours hostile et la terre ennemie, à surveiller un vide que peut a tout moment trouer le chasseur de nuit assassin, a scruter un néant que perce le pinceau glaçé du projecteur doublé du mortel éclatement de la flak _ »




Bombardier lançeur de containers



La navigation relative a la recherche d un terrain balisé  par une nuit de pleine lune ,feux éteints présentait des difficultés toutes particulières pour 'l 'équipage en mission spéciale, qui pour mener sa tache à bien ,devait être capable de repérer avec la plus grande précision dans la nuit noire  une cible minuscule mal définie après avoir volé  pendant des heures au dessus du territoire ennemi"
Résultat de recherche d'images pour "clair de lune"

Nos résistants  ou comités de réception  avaient ordre de choisir des sites aisément repérables du ciel mais pour de multiples raisons cela n'était pas toujours chose possible et l' avion ayant enfin trouvé  sa zone  de largage devait parfois chercher encore ........longuement les lumières destinées à le guider et qui pouvaient etre cachées par  un bois ou les versants d une vallée

Le navigateur du bombardier  devait souvent recourir à la lecture des cartes et a la navigation a l'estime ce qui exigeait du pilote qu'il vole a basse altitude au dessus de la campagne
terrain balisé par la resistance

La tache des comités de réception de la résistance était quelquefois hérissée de difficultés  et souvent encore plus compliquée après le lancement des  containers  d'armes  sur  le  terrain choisi et ayant fait l'objet  d'un message  secret a la radio
Les résistants  devaient éclairer et surveiller la zone  identifiée par un nom de code
  Exemples
Aurore ( Rouges terres ) Lapin( Mortrée ) Orage ( Macé ) Eclair ( Tanville) Grêle ( Echauffour ) Ilot ( Le sap) Levite ( Ranes ) etc...




Le risque d 'attirer l'attention au sol grandissait a chaque minute passée par  l appareil  dans le voisinage d'une campagne tranquille Des le milieu de la guerre ,les allemands s'étaient équipés de radar permettant de détecter et donc   d intercepter les avions en vol ou en cours de recherche du terrain
Résultat de recherche d'images pour "containers d armes soe parachutages"Inutile de dire qu'un bombardier lourd occupé à larguer du materiel ,volant ailerons baissés juste au dessus de la vitesse minimale de sustentation et dont l'équipage  avait l'attention attirée  pour tout ce qui se  passait en dessous de lui ,constituait du point de vue de la chasse ennemie une cible rêvée


Chasseur de nuit Fockewulf
Par  la suite en combinant Euréka  en vol et S phone au sol il semblait possible de ne plus se laisser arrêter par des nuages ou des bancs de brume pour déterminer  plus rapidement l'emplacement de la DZ( dropping zone)

La cause plus probable d'incident était en fait  
l interception des  membres du comité de réception par la feldgendarmerie,c' est la raison pour laquelle les resistants  se faisaient volontiers fabriquer un faux permis de garde chasse ou de médecin qui permettait de circuler après le couvre feu

http://www.chrd.lyon.fr/static/chrd/contenu/menu%20haut/ressources%20historiques/archives/SAP/chrd_parachutage_Coll_Riviere.jpgLe dixième des échecs nocturnes était dû
d' après les pilotes a des erreurs de navigation Ils ne trouvaient pas leur zone de largage ,,situation due quelquefois a des problèmes techniques ,quelquefois marquée par l 'absence  du  comité  de réception pour des raisons indépendantes de sa  volonté
Des accidents exceptionnels  pouvaient survenir ,ainsi sur le terrain .x. dans notre département c est un Dornier de la Luftwaffe qui survint à la place  de l 'avion allié attendu et qui mitrailla les hommes  rassemblés au  sol causant quelques  dégâts parmi  les troupeaux d'animaux Une vache fut tuée et comme par hasard 
c 'était d ' après le fermier la plus belle du troupeau ...

Même si l'avion et le comité de réception  arrivaient tous deux au bon endroit au bon moment le parachutage pouvait lui même poser problème , seuls les pilotes les plus expérimentés savaient  évaluer avec précision leur altitude   Si l'avion volait trop bas les colis risquaient de se détériorer  et les hommes de se blesser ,  Trop haut et un coup de vent suffisait a disperser les containers dans la nature et hors de portée

Vol de nuit..... feux éteints L 'équipage composé d 'aviateurs chevronnés a la  recherche du terrain balisé devait prendre en compte  par exemple les différents types de repéres au sol en énumérant leurs avantages et leurs piéges 

Commençons  par les énumérer


l 'eau  
 Toujours plus facile a repérer que n importe quel autre élément ... Même si la nuit est profonde un point d 'eau  est facile à repérer dés lors qu'il  se trouve entre vous et la source de lumiére 
Lorsque la lumière est diffusée par les nuages on peut voir l'eau a grande distance,
Au delà de la visibilité de tous les éléments susceptibles de les aider  l'eau reste le meilleurs repère sauf si on parle  bien sûr de  la côte et des grands fleuves qui sillonnent la région

Bois  et forêts 

Les grandes forêts, elles sont d'excellents repères,pour l équipage a la recherche  des feux balisés Les bois peuvent être particulièrement identifiés lorsque vous arrivez aux abords de votre zone de lancement en  comparaison par exemple d 'une  photo  aérienne représentant la région
 
voies ferrées 

Comme l 'eau les rails brillent lorsque ils se trouvent entre vous et la lune

routes  
une grande route nationale bordée de peupliers et coupant le paysage peut vous être très utile pour vérifier



Localités importantes  tout ce qui ressemble à une grande ville ou un centre industriel doit être évité en raison de la présence possible d' une DCA 
Une ville est aussi bien caractérisée par les forêts qui l'entourent et d 'autres points caractéristiques que le pilote ou le navigateur ont pris le soin de noter
 Notons en passant la difficulté a identifier un terrain balisé en plaine et quelquefois en pleine forêt 


j'ai  rappelé sommairement les précautions prescrites par Hugh Verity avec lequel jai communiqué durant quelques années On peut considérer que les recommandations succinctes  ci dessus relatives aux points de repère concernent aussi bien les pilotes de bombardiers du SOE( Halifax Lancaster  Liberator ) que les pilotes de Lysander ayant pour tache d acheminer et de récupérer des agents secrets sur le territoire national
Plusieurs personnalités appartenant a la résistance furent ainsi  conduits de nuit en Grande Bretagne ou déposés sur le territoire national sur  des  terrains dont les noms sont  gardés secret



Correspondant avec Hugh verity et me reportant a l 'article suivant   issu de  son ouvrage"  we landed by moonlight"je lui ai donné la  solution de son probléme

  Traduction de  son  article issu de "  we landed by moonlight"
édité dans les  années 50
"la nuit du 16 au 17 Aout 1943  Je me dirigeai vers Couture sur  loire ;;;;entre Sées et 'Alençon  j ai eu une expérience pénible a 22;25 toutefois exceptionnelle  sur  les routes de France , Juste un  mile devant moi, je vis un avion en flammes victime sans aucun doute  d'un chasseur allemand   Dans la lueur des flammes j'espérai découvrir un parachute  mais rien .....j 'avais un paquet a délivrer à Dericourt ..."
le lysander


Aprés quelques recherches sur les documents en ma possession       je lui précisais que cet avion en flammes  rencontré lors de sa  mission en cours était un Lancaster de la RAF touché lors  d'un  raid sur Turin (  ref à bomber command losses de la RAF ( wr chorley )edition 1943

NOTE adressée à HUGH VERITY concernant le Lancaster tombé au Chenay dans la nuit du 16 au 17 aout 1943

Stèle Lancaster II DS684 KO-M Chenay Sarthe (72)Squadron Leader John Russell Watson - Pilot
 

Sergeant Adrian Bernard Heyes - Flight Engineer of Birmingham
 

Sergeant Walter Bell Pettet - Wireless Operator/Air Gunner of Edinburgh
 

Sergeant Charles Edward Brook - Bomb Aimer of Boldon Colliery, County Durham
 

Sergeant Richard Clifford - Mid Upper Gunner
 

Sergeant Stanley Eastwood - Rear Gunner


De Tempsford aérodrome secret (sud ouest de Cambridge ) deux heures de vol suffisaient a un bombardier spécialement modifié et adapté aux parachutages de nuit  pour lancer ses containeurs sur la DZ ( dropping zone ) préparée par les résistants

Fin fevrier 1943  Premier parachutage ans l' orne    BOA 

Etaient présents Bob, figaro ,( noms de code,? )Granger  Denormandie ( Macé ), Lefévre de chailloué , Cosnard de Belfonds
l 'adjudant Thual et le gendarme Collet ces deux gendarmes appartenant a la brigade de Sées


Deux heures de vol... suffisaient aux "avions lançeurs "avec pour objectif un parachutage dans notre département

"le chlorate fortifie les dents " Tel est le message diffusé par la BBC; Message uniquement compris et assimilé par les résistants en attente de cette intervention planifiée par Londres le soe et les groupes de résistance locaux

 Premier lieu de lancement  Saint Leonard des parcs  prés du Haras des rouges terres Nom du terrain  AURORE
On note la présence de deux gendarmes lors de ce lancement

Notons que la brigade sagienne paiera un lourd tribu
Quatre gendarmes seront déportés à Ellrich  .....un seul reviendra de cet enfer
Pendant l'Occupation, les missions de la gendarmerie sont commandées par le gouvernement de Vichy et par l'occupant. Des gendarmes participent ainsi à la déportation des Juifs et à l'arrestation des réfractaires au service du travail obligatoire. 
D'autres choisissent la voie de la Résistance et combattent pour la libération du pays, seuls ou en unités constituées (groupements Daucourt et Thiolet notamment).
Structure traditionnelle ou pas, le travail de la gendarmerie 
s avére aussi ingrat que délicat 
  Les brigades doivent surveiller ,protéger ,arrêter , signaler et tout cela contre leur gré , à la merci des menaces et des représailles  de l occupant







Second parachutage   a cette date    4 tonne d'armes seront  entreposées dans le clocher de l église de Goulet  Un dépôt a été constitué à Prépotin dans lPerche Publié il y a par

Résultat de recherche d'images pour "HONG WITHLEY SEES"
 LES ANCIENS TEMOIGNENT

 Souvenir de monsieur joseph Pontacq ancien de la premiére armée française extrait le "souvenir français "
 Mon rôle n était pas d écrabouiller , d égorger ou de violer qui que ce soit mais j'étais dotè d un poste radio qui me permettait 
d informer le commandant de toutes les activités du groupe
 octobre1944 

On note fin 44 que  Vlassof  a changé de camp et que les allemands ont lancé l appel à la désertion

Lorsque la partie est perdue pour l 'Allemagne environ 20000vlassov désertent et rejoignent le maquis  Ceux qui la veille terrorisaient villages et petites villes sont présentés en libérateurs ce qui surprend et irrite les paysans constatant qu occupants ou libérateurs rien n a changé dans le comportement des "russes"
  

"
Pendant que se déroule le "blanchiment" de notre division , le 6 octobre 1944, je suis désigné avec cinq camarades , sous les ordres du commandant Richard , pour assurer l'encadrement d'une unité formée d'éléments de l' Armée "Vlassov" sur le secteur de Villard-les-Blamont , sur la frontière suisse. Rude épreuve pour nous que cette convivialité avec des gens qui semble tout droit sortis d'une autre planète. Nos méthodes de combats n'ont rien à voir avec les activités de ce groupe aux allures moyenâgeuses. Une discipline que nous ne comprenons pas fait de ces gens une force peu commune.   Chacun s'active selon l'humeur du moment, fonce, tue, égorge, décapite, avec une sauvagerie qui fait peur.
En dehors des opérations , nous n'avons pas le moindre contact avec eux , et l'ambiance n'est pas celle que devraient partager  ceux qui ont de grandes "chances" de mourir. Leur ignorance totale fait d'eux des êtres primaires. Ils n'ont jamais vu de bicyclettes , et cela nous donne de beaux spectacles quand il s'agit de monter dessus.

Dans cette région où l'artisanat horloger est important, l'achat d'une montre à des prix très intéressant est la grande affaire de nous tous. Mais pour eux, c'est l'ouverture de ce mécanisme fragile qui importe. Notre situation avec ces Tartares , Mongols, Georgiens et autres est des plus périlleuses, et notre retour au bataillon est vivement souhaité.

JOURNAL PERSO

                  
Résultat de recherche d'images pour "HONG WITHLEY SEES"Mardi gras    1931(pris de notre fenêtre)
Conté sous la neige ( ci dessous ) Une jeunesse sagienne 1940 1944 1938

 Sortie de la cathedrale   1931(pris de notre fenêtre)

Septembre  1939   Dés la déclaration de guerre  les soldats anglais stationnent auprès de la statue et de l' hotel de ville (pris de notre fenêtre)

Septembre  1939
(pris de notre fenêtre)
                                      


Mai  1940  L Exode

    XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
 1936 à 1939 Arrivée des réfugiés espagnols

 Un couple émigré connu à Sées Bujosa le premier émigré espagnol à Sées marchand de primeurs place du Parquet à l angle de la rue Billy . Nous les jeunes utilisons son hangar à cageots cour du Chapitre comme refuge .et champ de bataille .Il n'apprécie pas nos incursions 
Plein de bonne volonté il accepte de jouer les bons offices avec la municipalité pour aider ses compatriotes dans la détresse

1937 Arrivee des premiers réfugiés espagnols à Sées . Mr Carrete est le délégué espagnol chargé des pourparlers avec le maire Charles Forget Son fils est avec moi dans la classe de monsieur Guy

Conté sous la neige


LES ESPAGNOLS A SEES

Janvier  1939   1200 Réfugiés sont dirigés vers divers établissements sagiens le Petit séminaire  le Préventorium Certains trouvent a se loger en ville

Les jeunes nouveaux arrivés sont répartis dans les classes en fonction de leur niveau scolaire et de leur degré de maturité .
 A Sarraute enseignant a Sées et A Casero enseignant en Espagne les deux premiers a gauche




les premiers espagnols accueillis par le maire Charles Forget

Des ouvriers de la cidrerie rue Conté et a droite le fils du maire Eugéne Forget auteur de «  histoire des sagiens imprimé et diffusé par
l association culturelle et artistique de Sées et de sa région


On distingue au milieu du groupe de réfugiées espagnoles arrivant de Catalogne le maire Charles Forget et son fils Eugéne ( photos adressées en 2017 par madame O..... habitant les Baléares et accompagnée de plusieurs jeunes femmes espagnoles toutes reçues par le maire( Photo 1939) habitant rue Conté la cidrerie




Courant 1939 Arrivée massive de réfugiés de Catalogne ... date imprécise ... Ils seront hébergés pour la plupart au petit séminaire place Voltaire ou place du Friche
Hébergement sommaire mais semble t il suffisant. Familles séparées dans les grandes salles du séminaire par des cloisons légéres ..

Dés les premieres semaines , jeunes français et espagnols éprouvent le besoin de se mesurer . Ainsi de nombreuses batailles de marrons d'inde ,place Voltaire ou place du Friche opposent les deux camps Les lieux de rendez vous pour les rencontres sont fixés d'un commun accord . Aprés la bataille ...c'est la grande réconciliation dans une ambiance de liesse et de projets futurs




la guerre des ondes s engage 


Ici Londres ! Les Français parlent aux Français… " En 1940, la BBC ouvre ses antennes à ceux qui refusent la défaite. Radio Londres est née et va devenir le lieu de rendez-vous quotidien des Français pendant quatre ans. De jeunes et talentueux chroniqueurs (Jacques Duchesne, Jean Oberlé, Pierre Bourdan, Jean Marin, Maurice Schumann, Pierre Dac…) insufflent un ton nouveau et inventent la radio de proximité. Des messages personnels aux appels à résister, une véritable guerre des ondes se joue face à Radio Paris (Philippe Henriot) et Radio Vichy, démagogiques, collaborationnistes, voire antisémites. Jusqu’au triomphe des Alliés,

lundi 23 juillet 2018

PROSPER AUGOUARD

 
 PERSO
 Il est difficile de résumer une vie aussi remplie, aussi diversifiée et parfois contestée que celle de Monseigneur Augouard. 



C'est un Congolais, M. Dominique Ngoï-Ngalla, de l'Université de Brazzaville, qui en témoigne, cinquante ans après la mort de l'illustre évêque :
  « Mgr Augouard, dit-il, ne poserait pas tant de questions à l'historien s'il s'était cantonné ou à évangéliser ou à explorer, mais il fit l'un et l'autre ensemble et entièrement, ardemment. »

Prosper Augouard naquit à Poitiers, le 16 septembre 1852, d’une famille d’artisans. Dès son adolescence, on remarqua son caractère enjoué, vif, peu endurant. Il fit ses études secondaires au petit séminaire de Montmorillon (Vienne) et s’engagea, à 18 ans, en pleine guerre de 1870-1871, dans les rangs des Volontaires de l’Ouest On a souvent raconté l'anecdote typique de sa rencontre avec Mgr de Ségur, alors qu'il était en garnison à Rennes. Le jeune Augouard parla au prélat de sa vocation missionnaire : « Tu as raison, répartit le prélat, oui, oui, va hors de France : avec ton caractère tu serais toujours en guerre avec ton évêque et lu étranglerais ton préfet. »

Mgr de Ségur lui conseilla d'entrer au séminaire de Sées (Orne). C'est là que Prosper Augouard, après une conférence du R. P. Horner, un missionnaire de valeur, revenu récemment de Zanzibar, en Afrique Orientale, décida de rentrer dans la congrégation du Saint-Esprit pour servir en Afrique. Prêtre le 10 juin 1876, il s'impatientait du départ prochain, lorsqu'on le désigna comme professeur de troisième dans une maison de formation en Auvergne. « Mais c'est la classe que j'ai le plus négligée ! » avoua-t-il au Supérieur général. « Raison de plus, lui répondit-on, d'apprendre comme professeur ce qui vous a manqué comme élève ! »




Illustration
L ALIMA  AFFLUENT DU CONGO EXPLORE PAR PROSPER AUGOUARD










Mgr Prosper AUGOUARD,
décédé à Paris, le 3 octobre 1921,
à l'âge de 69 ans.


Il est difficile de résumer une vie aussi remplie, aussi diversifiée et parfois contestée que celle de Monseigneur Augouard. C'est un Congolais, M. Dominique Ngoï-Ngalla, de l'Université de Brazzaville, qui en témoigne, cinquante ans après la mort de l'illustre évêque : « Mgr Augouard, dit-il, ne poserait pas tant de questions à l'historien s'il s'était cantonné ou à évangéliser ou à explorer, mais il fit l'un et l'autre ensemble et entièrement, ardemment. »

Prosper Augouard naquit à Poitiers, le 16 septembre 1852, d’une famille d’artisans. Dès son adolescence, on remarqua son caractère enjoué, vif, peu endurant. Il fit ses études secondaires au petit séminaire de Montmorillon (Vienne) et s’engagea, à 18 ans, en pleine guerre de 1870-1871, dans les rangs des Volontaires de l’Ouest On a souvent raconté l'anecdote typique de sa rencontre avec Mgr de Ségur, alors qu'il était en garnison à Rennes. Le jeune Augouard parla au prélat de sa vocation missionnaire : « Tu as raison, répartit le prélat, oui, oui, va hors de France : avec ton caractère tu serais toujours en guerre avec ton évêque et lu étranglerais ton préfet. »

Mgr de Ségur lui conseilla d'entrer au séminaire de Sées (Orne). C'est là que Prosper Augouard, après une conférence du R. P. Horner, un missionnaire de valeur, revenu récemment de Zanzibar, en Afrique Orientale, décida de rentrer dans la congrégation du Saint-Esprit pour servir en Afrique. Prêtre le 10 juin 1876, il s'impatientait du départ prochain, lorsqu'on le désigna comme professeur de troisième dans une maison de formation en Auvergne. « Mais c'est la classe que j'ai le plus négligée ! » avoua-t-il au Supérieur général. « Raison de plus, lui répondit-on, d'apprendre comme professeur ce qui vous a manqué comme élève ! »

Néanmoins l'Afrique demeurait le but rêvé. Un an plus tard, le 5 décembre 1877, le P. Augouard s'embarquait pour Libreville, en compagnie de Mgr Le Berre, successeur immédiat de Mgr Bessieux, le fondateur des missions du Gabon.

Il fallut encore patienter, à Libreville, sur ce qu'on appelait, avec quelque dédain, la Côte. En novembre 1879, on trouve le P. Augouard à Landana (dans l'enclave actuelle de Cabinda). Le supérieur de Landana, le P. Carrie, futur évêque de Loango, portait alors cet excellent jugement sur le jeune missionnaire : « Talents plus qu'ordinaires, vertu solide, sens pratique, énergie et activité, il a tout ce qu'il faut pour faire un administrateur de missions. »

En 1880, à Landana, le P. Augouard fit connaissance avec Savorgnan de Brazza, l'enseigne de vaisseau déjà célèbre, précédemment rencontré à Libreville. Les deux hommes s'apprécièrent, quitte plus tard à se diviser sur des questions d'idéologie et de colonisation pratique. C'est à la suite de ces contacts avec Brazza que le P Augouard entreprit, le 6 juillet 1881, sa première expédition dans l'intérieur, sur les bords de cette vaste étendue d'eau qu'on appela, vers cette époque, le Stanley-Pool. Brazza et Stanley s'en disputaient les rivages et le P. Augouard fut mêlé à bien des péripéties historiques. Il rencontra Stanley, qui fut, chose rare, aimable et expansif. Il retrouva et aida le fameux sergent sénégalais Malamine, à qui Brazza avait confié la garde du premier traité conclu avec le roi Makoko et du poste primitif établi à Mfoa (qui deviendra Brazzaville).

En 1882, le P. Augouard, de concert avec M. Dolisie et la Marine française, s'occupa de négocier différents accords qui donnaient à la France la région de Pointe-Noire. Il aurait même souhaité toute l'occupation de la rive Nord du Congo (y compris les régions de Cabinda et de Boma). Les bureaux de Paris et la Marine furent réticents et, en 1885, la Conférence de Berlin fixa des frontières, qui n'ont guère varié depuis lors, entre les zones d'influence dévolues à la France, à la Belgique et au Portugal.

En août 1883, à la demande de Brazza, le P. Augouard, avec deux autres missionnaires et en compagnie de Dolisie, repartit vers le Stanley Pool pour s'y installer définitivement. Notons que Prosper Augouard fera dix-sept fois le trajet à pied, de la côte au Stanley-Pool. Plutôt que de rester à Mfoa (Brazzaville), le P. Augouard choisit l'emplacement de Linzolo, à 30 km au sud-ouest, au milieu de la sympathique tribu des Balari.

En 1884, le P. Augouard, épuisé, est obligé de rentrer en France. A Paris, il rend visite à Jules Ferry pour lui parler de ces vastes territoires qui s'ouvrent à la France. Dès la fin de la même année, il repart au Congo et remonte le fleuve, au-delà du Stanley-Pool, pour fonder un poste à Kwamouth, à l'embouchure du Kasaî ; mais, en 1885, la Conférence de Berlin oblige la France - et indirectement les missions françaises - à se retirer du Kasaî, qui passe à la Belgique, aussi bien que de Landana, attribué au Portugal.

En 1887, avec l'appui de M. de Chavannes, résident de France à Brazzaville, le P. Augouard, aidé du F. Savinien, s’installe à Brazzaville, là où se trouvent actuellement archevêché et cathédrale.

Saint-Louis de Liranga, près du confluent du Congo et de 1'Oubangui, est fondé en avril 1889. Le P. Augouard méritait bien le surnom de Diata-Diata (Vite-Vite) que lui avaient donné les Africains. Une telle activité avait mis en avant le P. Augouard au moment où Mgr Carrie demandait à Rome la division de son vaste diocèse. Le 14 octobre 1890, Mgr Prosper Augouard est nommé vicaire apostolique du Haut-Congo français et de l’Oubangui, avec Brazzaville comme résidence. Le territoire qui lui était confié s'en allait jusqu'au Tchad et jusqu'au bassin du Nil.

Mgr Augouard, alors âgé de 38 ans, devait rester 31 ans vicaire apostolique de Brazzaville. Que furent ces 31 ans d'épiscopat ? La continuation de fondations de postes missionnaires, avec, en 1893-1894, l'installation à Saint-Paul des Rapides (Bangui aujourd’hui) et même, à 200 km en amont sur l’Oubangui, à la Sainte-Famille des Banziris, sans oublier d’autres missions sur l’Alima et dans les environs de Brazzaville. Grâce aux Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, et aux Franciscaines Missionnaires de Marie les œuvres scolaires et hospitalières se multiplient.

Mgr Augouard demeurait le patriote ardent, ennemi certes des tracasseries administratives dues à un anticléricalisme qui faisait florès aux alentours de 1900. En 1896, il eut l'occasion d'échanger pas mal d'idées avec le capitaine Marchand qui le décora de la légion d'honneur. Malgré certains démêlés, l'évêque n'hésita pas à mettre le bateau de la mission à la disposition de la colonne qui s'en allait en 1898 renforcer les effectifs de Marchand sur le Nil. Mgr Augouard connut la plupart des pionniers de l'A.É.F., les Dolisie, Foureau, Lamy, etc. Il se lia plus particulièrement avec le gouverneur Gentil.

N'oublions pas de rendre hommage à tous les valeureux missionnaires qui, dans l'ombre de Mgr Augouard, en dépit de mille misères et difficultés, le secondèrent efficacement, tel le P. Jules Rémy, son vicaire général, popularisé par son slogan : « Il faut que ça change ! », et surtout les courageux Pères Moreau et Allaire qui, au péril de leur vie, affrontèrent les anthropophages du Haut-Congo et de l'Oubangui pour racheter des esclaves et sauver des vies humaines. Jules Simon, qui quêtait à Paris, vers 1895, en faveur du P. Allaire, ne cessait de répéter : « Ah, si vous connaissiez et entendiez ce missionnaire, vous baiseriez ses mains qui ont brisé tant de liens ! » Il y eut des victimes, comme le Frère Séverin abattu par les sagaies des féroces Bondjos, mais dont le corps, emporté par les eaux échappa à leur marmite…

Mgr Le Boy, Supérieur général des Pères du Saint-Esprit de 1896 à 1926, qui eut parfois maille à partir avec Mgr Augouard, résume l'œuvre de l'évêque du Congo : « Il déploya dans ce domaine immense une activité, un savoir-faire et un entrain magnifiques, ne reculant devant aucun travail, pétrissant la terre et la brique, maniant tour à tour la pioche, la hache, la truelle et le marteau, élevant maisons et cathédrale, lançant sur le fleuve trois bateaux à vapeur dont les pièces amenées de la côte à dos d'hommes sont assemblées dans le port de la mission, fondant des centres d'évangélisation parmi les populations les plus arriérées et jusque chez les anthropophages, jetant à 2 500 km de la côte la mission de la Sainte-Famille. »

L'Académie des Sciences morales et politiques avait accordé en 1912 son prix le plus élevé le prix Audiffred, à Mgr Augouard. L'Académie française, en 1920, lui décerna le prix Davilliers et Raymond Poincaré, ancien Président de la République, prononça un éloge très senti de l'archevêque de Brazzaville.

Au fil des années, les titres de Mgr Augouard se multipliaient. Il en était fier sans y attacher une importance excessive, ne vivant que pour ses Noirs et ses missions. Il aurait pu aligner une carte prestigieuse : archevêque titulaire de Cassiopée, vicaire apostolique du Haut-Congo français, officier de la légion d'honneur, commandeur de l'Ordre de Léopold, officier de la couronne royale de Belgique, titulaire de la couronne civique, de la médaille coloniale du Congo, de la médaille de 1870, etc.

Mais les épreuves survinrent, épreuves de la Grande Guerre (1914-1918), épreuves de santé. Et c'est à Paris, à la maison mère de la Congrégation du Saint-Esprit, où il avait dû revenir par ordre des médecins, qu'il s'endormit dans la paix du Seigneur, le 3 octobre 1921.

C'est à M. Dominique Ngoï-Ngalla, qui a étudié lumières et ombres de la vie de Mgr Augouard, que nous demanderons de conclure « Mgr Augouard est, avec Mgr Carne, celui des missionnaires dont l'action fut déterminante dans la fondation de l'Église du Congo. Il faut ajouter que ce missionnaire, admirable de courage et d'abnégation, fut en même temps un grand explorateur, et on ne cite pas Brazza (dont on pense que le Congo ne fut pas devenu terre française sans lui) sans mentionner Mgr Augouard… » - Augustin Berger. - Hommes et destins, vol. I, t. 2, p. 29.

Mgr Augouard a beaucoup écrit : articles et correspondance. De son vivant même, dès 1905, son frère, le chanoine Louis Augouard, publia un premier recueil de ses lettres : Mgr AUGOUARD, 28 années au Congo, Société française d'imprimerie et de librairie, 1905. Il fut suivi de trois autres livres : 28 années au Congo, t. II ; 36 années au Congo, 1914 ; et 44 années au Congo, 1934. En 1934, paraissait, toujours à l'initiative du chanoine Augouard : Guirlande enchevêtrée d'anecdotes congolaises, Poussin, Évreux ; et Physionomie documentaire ou Vie inconnue de Monseigneur Augouard, Poussin, Évreux.